Les familles des manifestants arrêtés entre juin et octobre dernier au Togo annoncent la tenue d’un rassemblement pacifique le 14 novembre prochain devant l’Assemblée nationale, suivi d’une marche vers la Présidence de la République. Cette action vise à demander pardon au nom de leurs parents détenus.
Selon les organisateurs, il ne s’agit pas d’un mouvement de contestation mais d’un acte de paix, de dialogue et de compassion. Ils ont saisi plusieurs acteurs, notamment la Gendarmerie nationale, le Ministère de la Justice, le Ministère de l’Administration territoriale, ainsi que des représentants de la société civile et des médias.
« Ce n’est pas une marche de revendication, mais un rassemblement pacifique et moralement symbolique. Nous comptons sur la bienveillance de la Gendarmerie pour assurer la sérénité de cette démarche », disent‑ils.
L’initiative se veut un message d’espérance : « Par un geste d’humanité et d’unité, redonnez espoir à nos familles, allégez nos douleurs, et montrez à la jeunesse togolaise que le dialogue et le pardon sont toujours possibles dans notre pays », affirment les familles des manifestants.
Ils ont notamment adressé une lettre émue au Comité national des sages‑femmes au sujet de Grâce Koumayi, sage‑femme parmi les 49 détenus, décrite comme « une femme dévouée, victime de traitements inhumains ». « Cette épreuve dépasse sa seule personne : elle touche à la dignité des femmes togolaises et à l’honneur de cette noble profession », précisent‑ils.
Ils appellent les sages‑femmes, les leaders religieux et toutes les personnes de bonne volonté à se joindre à leur action non dans la revendication, mais dans l’humanité et la solidarité. « Nous croyons profondément que la voix des sages‑femmes, parce qu’elle porte la vie, peut aussi porter la paix, la compassion et le pardon », ajoutent‑ils.
Depuis 2022, les manifestations publiques sont officiellement interdites au Togo, suite à une attaque meurtrière sur un marché à Lomé.
En juin 2025, des rassemblements de grande ampleur contre la réforme constitutionnelle et la vie chère ont été violemment réprimés. On a eu à déplorer un usage de gaz lacrymogène, des arrestations massives, au moins sept morts selon les ONG. En août 2025, une marche pacifique prévue par l’association Novation Internationale a été interdite par le ministère de l’Administration territoriale, au motif d’un climat national tendu
En l’état, la tenue d’un rassemblement public comme celui prévu pour le 14 novembre dépend donc fortement de l’accord des autorités. Bien que les organisateurs affirment vouloir une démarche pacifique et symbolique, l’interdiction fréquente de manifestations dans le pays laisse planer un risque que celle‑ci ne soit pas tolérée.
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