Après Grace Koumayi, un autre détenu donne de la voix depuis la prison civile de Lomé. Abel Yao Attitso, secrétaire général de la Synergie des élèves et étudiants du Togo (SEET) dénonce une détention qu’il juge arbitraire. À travers un message adressé à l’opinion, il affirme être visé pour son engagement en faveur des droits des élèves et étudiants et appelle les autorités à restaurer la justice et la confiance.
Abel Yao Attitso a été arrêté le 3 septembre alors qu’il se trouvait sur son lieu de stage, puis transféré au Service Central de Recherche et d’Investigation Criminels, il a été ensuite conduit à la prison civile de Lomé le 8 septembre.
Selon ses propos, les autorités judiciaires reprochent son appartenance à un groupe WhatsApp dans lequel figuraient deux amis interpellés en 2022 après une soirée à Lomé. Il affirme n’avoir pas participé à cette rencontre et estime que cette justification n’est qu’un prétexte destiné à le réduire au silence. Il évoque également une série de menaces anonymes reçues ces derniers mois, en lien avec ses activités syndicales dans le milieu universitaire.
Dans son message, l’étudiant rappelle son engagement pour l’amélioration des conditions de vie et d’études des élèves et étudiants. Il se dit convaincu que la qualité du système éducatif conditionne le développement d’un pays. Il cite les nombreuses démarches entreprises par le bureau exécutif de la CET auprès des autorités universitaires et gouvernementales, notamment sur la question des cours en ligne, des conditions de restauration, de la sonorisation des amphithéâtres, du transport ou encore de la revalorisation des bourses. Il affirme que plusieurs de ces interpellations sont restées sans réponse.
« Aujourd’hui, je suis en prison simplement parce que j’ai exercé mon droit à la liberté d’expression », déclare-t-il. Il raconte des conditions de détention qu’il décrit comme « dramatiques », évoquant une volonté manifeste de lui « faire vivre l’enfer ».
Il en appelle à la solidarité des élèves et étudiants, estimant que le silence face à l’injustice ne fait que l’alimenter. Selon lui, les frustrations accumulées au sein de la jeunesse pourraient être apaisées si les autorités prenaient des mesures pour rétablir la confiance.
Un nouvel espoir semble toutefois poindre à la suite du discours sur l’état de la Nation prononcé mardi dernier par le président du Conseil. Faure Gnassingbé y a annoncé une prochaine vague de grâce présidentielle en faveur de certains détenus, dans un geste présenté comme destiné à renforcer l’apaisement national.
Cette déclaration ravive l’attente parmi les familles et les organisations de défense des droits humains, qui espèrent que des détenus liés aux récentes manifestations, dont Abel Yao Attitso et plusieurs jeunes interpellés ces derniers mois, pourraient bénéficier de cette mesure.
Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails







