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Togo : l’IPDCP place les médias au cœur de la protection des données

Didier ASSOGBA
4 Min Read

À l’ombre des réformes numériques menées par Lomé, l’Instance de protection des données à caractère personnel (IPDCP) a amorcé jeudi à Tsévié, un cycle de formation destiné aux journalistes. L’initiative qui a démarré avec une centaine de journalistes du Grand Lomé vise à durcir les standards de conformité dans les rédactions et arrimer les pratiques éditoriales au cadre juridique national de protection des données personnelles.

La session inaugurale a articulé deux axes. D’abord un décryptage de l’arsenal légal togolais, puis un rappel des bonnes pratiques professionnelles. L’IPDCP cherche ainsi à transformer les médias en relais opérationnels de la “culture données” voulue par l’exécutif, dans un contexte d’explosion des usages numériques et de multiplication des risques (usurpation d’identité, cyberviolences, fuites d’informations).

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À la tribune, le Lieutenant-colonel Bédiani Belei, président de l’IPDCP, a assigné aux journalistes un triptyque de responsabilités. « Vous êtes d’abord des éducateurs », a-t-il insisté, appelant les rédactions à vulgariser les notions clés et à alerter sur les dangers du numérique. Deuxième pilier : la vigilance. Par l’enquête et l’investigation, « vous mettez en lumière les abus et les violations ». Enfin, l’exemplarité : floutage des mineurs, anonymisation des sources sensibles, vérification des consentements, sécurisation des données personnelles collectées.

« Vous ne pouvez appeler le public à la prudence si vos propres pratiques ne respectent pas les principes essentiels: floutage des mineurs et des victimes, anonymisation des témoignages sensibles, vérification des consentements et autorisations avant diffusion, traitement proportionné et loyal des données, sécurisation des informations collectées dans les rédactions etc. Être un professionnel des médias, c’est aussi protéger la vie privée, la dignité de ceux que l’on montre, de ceux que l’on cite et de ceux que l’on interviewe », a rappelé Lieutenant-Colonel Bédiani BELEI, Président de l’IPDC. », a-t-il martelé.

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L’IPDCP en chef d’orchestre

Au-delà de la pédagogie, l’IPDCP prépare un changement d’échelle. Le rendez-vous de Tsévié n’est que la première étape d’une série de sessions amenées à couvrir l’ensemble du territoire. Une montée en puissance qui vise à réduire les zones grises dans les pratiques médiatiques et à installer des réflexes de conformité à l’échelle nationale.

La Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) a adoubé l’initiative. Le directeur de cabinet du président de cette institution, Yao Abarim, y voit un « renfort décisif » dans la lutte contre les atteintes à la vie privée. « En instituant l’IPDCP, le gouvernement a voulu faire du respect de la vie privée une priorité nationale », a-t-il rappelé, soulignant la sensibilité intrinsèque des données personnelles et la nécessité d’une protection “non négociable”.

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Créée pour encadrer la collecte, le traitement et la diffusion de données à caractère personnel, l’IPDCP se positionne comme le chef d’orchestre d’un écosystème encore fragmenté. Sa ligne de conduite est de protéger les libertés et droits fondamentaux face à un numérique en mutation rapide. Et, dans cette architecture, les médias sont appelés à jouer les courroies de transmission — autant acteurs que vigies d’un ordre informationnel en construction.

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