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Togo : Une nouvelle révision Constitutionnelle à venir ?

Louis KAMAKO
4 Min Read

Au Togo, 4 regroupements de partis politiques de l’opposition et d’organisation de la société civile montent au créneau. Ils alertent sur une éventuelle révision constitutionnelle et appellent la population à rester vigilante face à ce qu’ils appellent manœuvres du pouvoir. Devant la presse jeudi à Lomé, ces acteurs politiques assurent que la jeunesse togolaise ne devrait jamais laisser se répéter les événements tragiques de 2005.

C’est la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le front « Touche Pas A Ma Constitution » qui donnent de la voix.

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Selon ces regroupements de partis politiques, depuis l’adoption de la nouvelle Constitution en avril 2024, réalisée par des députés dont le mandat était expiré, Faure Gnassingbé serait confronté à une contestation nationale et à « un isolement diplomatique inédit ». Cette révision constitutionnelle est perçu comme une stratégie pour supprimer l’élection présidentielle au suffrage universel direct et prolonger indéfiniment son pouvoir.

Pour les opposants togolais, la communauté internationale et les chefs d’État de la sous-région manifesteraient désormais une certaine réticence à reconnaître le dirigeant togolais comme légitime. Cette situation, pensent-ils, est aggravée par la livraison controversée de l’ancien président burkinabè Paul Henri Damiba et par le positionnement ambigu du Togo entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel (AES). De là, ils soulignent que le prestige et la considération dont jouissait Faure Gnassingbé à l’international se sont considérablement réduits.

Empêcher une nouvelle révision constitutionnelle

Pour Nathaniel Olympio, 1er porte-parole du Front « Touche Pas A Ma Constitution », historiquement, en 2005, Faure Gnassingbé avait contourné la levée de bouclier nationale et internationale après le décès de son père, Gnassingbé Eyadéma, en organisant un coup d’État suivi d’une élection controversée qui avait fait des milliers de morts.

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 « Aujourd’hui, selon des sources proches du pouvoir, des stratégies similaires pourraient être envisagées, comprenant un dialogue contrôlé avec certains acteurs de l’opposition, une révision constitutionnelle, la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation d’élections législatives frauduleuses pour créer une légitimité populaire factice », lit-on dans la déclaration liminaire.

La DMK – ORIGINALE, la DMP, la LDP et le front « Touche Pas A Ma Constitution » indiquent que c’est une manœuvre qui est vouée à l’échec.

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Thomas Kokou N’Soukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio, signataires de la déclaration liminaire ayant fait l’objet de la conférence de presse appellent à la libération immédiate de tous les détenus politiques, au retour des exilés, à la fin de ce qu’ils appellent la dictature et à une transition politique crédible qui rétablisse la cohésion nationale et les libertés fondamentales.

Les opposants togolais invitent par la même occasion tous les Togolais à rester mobilisés et attentifs aux actions qui seront prochainement lancées sur le terrain et dans la diaspora pour protéger l’avenir du pays.

Le pouvoir togolais n’a pas encore réagi à cette sortie. Le gouvernement togolais a récemment estimé par l’entremise de Gilbert Bawara, ministre du Parlement et des relations avec les institutions de la République que toutes les institutions fonctionnent normalement dans le pays et qu’il n’y a aucun vide.

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