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Togo : le français Steeve Rouyar rentre après 7 mois de détention

Didier ASSOGBA
4 Min Read
Steeve Rouyar

Après sept mois passés dans une prison togolaise, Steeve Rouyar a retrouvé la liberté. Cet expert-comptable français de 44 ans, originaire de Guadeloupe, a été libéré à la faveur de l’amnistie décrétée le 31 décembre 2025 par le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé. Un geste présenté par les autorités comme un acte d’apaisement, dans un contexte politique toujours marqué par de vives tensions.

Arrêté le 6 juin 2025 à Lomé lors de manifestations hostiles au pouvoir, Steeve Rouyar venait d’arriver du territoire français. Il était poursuivi pour des chefs d’accusation lourds, notamment « complot contre la sûreté intérieure de l’État » et « troubles aggravés à l’ordre public », dans un climat de répression accru contre les mouvements contestataires. Sa détention avait rapidement suscité l’inquiétude de ses proches et attiré l’attention des autorités françaises, sans pour autant déboucher, jusqu’à la fin de l’année, sur une issue judiciaire claire.

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Le 1er janvier 2026, l’homme a atterri à Paris, première étape avant de rejoindre la Guadeloupe. Son père, Dominique Rouyar, confie son soulagement mêlé de prudence. « Il est content de sa libération, mais il va vraiment réaliser quand il sera sur le sol français. C’est quand il sera en Guadeloupe qu’il va vraiment apprécier », explique-t-il, évoquant une famille encore dans l’attente de retrouvailles complètes. Pour l’instant, dit-il, l’essentiel est de « recommencer la vie », après une épreuve éprouvante. « Après sept mois dans une prison togolaise, ce n’est pas facile », souligne-t-il, appelant son fils à prendre le temps de se reconstruire.

Le français Steeve Rouyar et 1510 autres togolais

Côté français, le Quai d’Orsay a confirmé que la libération de Steeve Rouyar résultait d’une « décision de la justice togolaise », validant ainsi les informations qui circulaient depuis la soirée du 31 décembre. Sur les réseaux sociaux, l’intéressé a brièvement réagi : « Je suis libéré. Je vous remercie vous tous pour votre soutien », a-t-il écrit sur sa page Facebook, sans autre commentaire.

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Le cas de Steeve Rouyar s’inscrit dans une mesure plus large. Selon le gouvernement togolais, 1 511 détenus ont bénéficié de la grâce présidentielle annoncée en fin d’année. Les autorités y voient un signal de réconciliation nationale, à l’heure où le pays demeure profondément divisé depuis la réforme constitutionnelle d’avril 2024 et l’instauration d’un régime parlementaire en mai 2025. L’opposition et les organisations de défense des droits humains continuent toutefois de dénoncer des arrestations arbitraires et un usage politique de la justice.

La libération d’un ressortissant français, suivie de près par Paris, revêt ainsi une portée symbolique particulière. Elle illustre à la fois la volonté affichée du pouvoir togolais de desserrer l’étau sécuritaire et les limites d’une ouverture jugée encore incomplète par de nombreux observateurs. Pour Steeve Rouyar et sa famille, l’heure est désormais au retour et au silence. Pour le Togo, la question demeure : cette amnistie marque-t-elle le début d’un apaisement durable ou un geste ponctuel sous pression nationale et internationale.

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