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Donald Trump : l’AES dézingue le président américain

Togo Breaking News
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Ibrahim Traoré, président en exercice de l'AES

La Confédération des États du Sahel (AES) a signé, jeudi 8 janvier à Ouagadougou, l’une des prises de position africaines les plus dures jamais formulées contre une intervention militaire américaine. Dans un communiqué au ton sans concession, le bloc sahélien qualifie l’opération menée par Washington au Venezuela d’« acte d’agression » et interpelle directement le Conseil de sécurité des Nations unies. La confédération invite cette entité à condamner une action illégale et déstabilisatrice. L’organisation sahélienne dézingue ainsi Donald Trump et sa diplomatie de la force assumée.

Signé par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et de l’AES, le texte parle d’un « enlèvement illégal » du président Nicolás Maduro et de son épouse, et d’une « ingérence inacceptable » dans les affaires intérieures d’un État souverain. L’organisation sahélienne ne se contente pas de protester : elle met en cause la responsabilité particulière des États-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité, accusés de violer les principes mêmes qu’ils prétendent défendre.

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En rappelant que « l’emploi de la force armée contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État constitue un acte d’agression », l’AES vise explicitement la doctrine trumpienne du fait accompli. Une diplomatie qui, sous couvert de lutte contre les menaces transnationales ou de défense des intérêts stratégiques, n’hésite plus à court-circuiter le droit international. Pour le bloc sahélien, le recours unilatéral à la force par Washington fragilise l’ordre mondial et produit des « conséquences néfastes pour la stabilité internationale ».

Le communiqué formule trois exigences claires. Il s’agit de la condamnation explicite de l’intervention américaine par le Conseil de sécurité, de la réaffirmation d’un ordre international fondé sur l’égalité souveraine des États, et l’expression d’une solidarité politique avec le peuple vénézuélien, dont la souveraineté aurait été « bafouée ». Une manière, aussi, de rappeler que le multilatéralisme ne peut survivre si les grandes puissances s’en affranchissent à leur convenance.

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L’AES critique clairement Donald Trump

La déclaration intervient dans un contexte où Donald Trump assume ouvertement les retombées économiques de l’opération. Le président américain a annoncé le transfert de 30 à 50 millions de barils de pétrole vénézuélien vers les États-Unis, avec des revenus placés sous contrôle de Washington. Une annonce qui renforce l’argument, largement partagé au Sud, d’une intervention dictée moins par la démocratie que par des intérêts énergétiques. L’opération militaire du 3 janvier à Caracas aurait fait 55 morts parmi les forces vénézuéliennes et cubaines. Propulsée présidente par intérim, Delcy Rodríguez a dénoncé une tentative de mise sous tutelle : « Le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre. »

Sur le continent africain, la position de l’AES s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation de l’unilatéralisme américain. Le Ghana a parlé d’« invasion unilatérale » aux relents « coloniaux », le Tchad a réaffirmé son attachement au droit international, tandis que l’Afrique du Sud et l’Union africaine ont demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. Mais l’AES va plus loin, en assumant un discours frontalement politique contre Washington.

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Cette sortie marque l’affirmation d’une Afrique qui refuse désormais de rester spectatrice des crises internationales lorsque celles-ci révèlent un deux poids, deux mesures. En appliquant récemment le principe de réciprocité aux restrictions américaines de visas, l’AES entend traduire ses positions en actes. La crise vénézuélienne devient ainsi, pour le Sahel, un symbole : celui d’un ordre international où Donald Trump impose sa loi, et que de plus en plus d’États du Sud contestent ouvertement.

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