SanlamAllianz

Venezuela : l’Afrique dénonce une ‘invasion’ au précédent dangereux

Togo Breaking News
4 Min Read
Nicolas Maduro

Après l’Afrique du Sud, plusieurs capitales africaines haussent le ton face à l’intervention militaire des États-Unis au Venezuela. Le Tchad et le Ghana ont, à leur tour, condamné une opération qualifiée de violation flagrante du droit international. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA) expriment leur inquiétude quant aux conséquences d’un tel acte sur l’ordre mondial.

À N’Djaména, le ministère tchadien des Affaires étrangères a fait savoir qu’un échange téléphonique s’était tenu, le 2 janvier 2026, entre le ministre d’État Abdoulaye Sabre Fadoul et son homologue vénézuélien Yvan Gil Pinto. Selon le porte-parole du ministère, Ibrahim Adam Mahamat, Caracas a informé le Tchad de bombardements ayant visé la capitale ainsi que des opérations ayant conduit à l’exfiltration du président Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores.

- Advertisement -

Dans son communiqué, le Tchad fait part de ses « vives préoccupations » et réaffirme son attachement au respect du droit international, présenté comme le socle d’un « ordre mondial juste et pacifique ». N’Djaména insiste également sur la nécessité de préserver la paix, la stabilité et l’intégrité territoriale du Venezuela afin d’éviter « des souffrances inutiles au peuple frère vénézuélien ».

À Accra, le ton est plus accusateur encore. Le gouvernement ghanéen a dénoncé une « invasion unilatérale et non autorisée », survenue selon lui aux premières heures du 3 janvier. Qualifiant l’opération américaine d’acte à relents « coloniaux », le Ghana estime que les déclarations du président Donald Trump, évoquant une administration provisoire du Venezuela et l’intervention de compagnies pétrolières américaines, « rappellent l’ère impérialiste » et créent « un dangereux précédent pour l’ordre mondial ».

- Advertisement -

Accra appelle à une désescalade immédiate et à la libération du couple présidentiel, tout en réaffirmant son attachement au principe d’autodétermination des peuples. Une position cohérente, selon les autorités ghanéennes, avec leur opposition historique à l’invasion, à l’occupation et à toute forme de domination extérieure.

Le Venezuela, un Etat souverain

Au niveau régional, la CEDEAO a exprimé sa « profonde inquiétude » face à l’usage unilatéral de la force contre un État souverain. Dans une déclaration transmise à ses États membres, l’organisation ouest-africaine rappelle que toute transition politique doit résulter d’un processus interne, inclusif et conforme au droit international, et non d’une intervention militaire étrangère.

- Advertisement -

De son côté, l’Union africaine a fait part de sa « grave préoccupation », mettant en garde contre les risques d’escalade et de déstabilisation globale. Addis-Abeba a appelé au respect strict de la Charte des Nations unies et à la libération immédiate des dirigeants vénézuéliens, tout en soutenant les efforts diplomatiques visant à un règlement pacifique de la crise.

Ces prises de position africaines, de plus en plus convergentes, traduisent une crainte partagée : celle d’un retour assumé aux rapports de force et à l’interventionnisme, au détriment des principes multilatéraux censés régir les relations internationales depuis la Seconde Guerre mondiale.

Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails

- Advertisement -
Share This Article