Au Togo, des acteurs des médias disposent désormais d’un mécanisme structuré, coordonné et outillé pour faire face aux menaces persistantes. Le Comité de protection des journalistes et défenseurs des droits de l’homme (CPJDDH) vient d’être lancé dans ce sens par l’Observatoire Togolais des Médias et ses partenaires. Il s’inscrit dans un projet financé par l’Union européenne pour renforcer la liberté d’expression et protéger les acteurs vulnérables.
La création du CPJDDH intervient dans un contexte où les journalistes et défenseurs des droits humains sont confrontés à un environnement marqué par des intimidations, des harcèlements et des poursuites judiciaires. Malgré un cadre légal jugé favorable, les violations se sont multipliées ces dernières années.
En 2025, le Togo occupait la 121ᵉ place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières. Pour l’OTM et ses partenaires, il devenait urgent de mettre en place un dispositif capable de documenter, alerter et protéger.
« Ce comité constitue un outil essentiel pour renforcer la sécurité des professionnels de l’information », a renseigné Fabrice Petchezi, président de l’OTM.
Les mission du CPJDDH
Le CPJDDH a pour missions d’observer les atteintes contre les journalistes et les activistes, de documenter ces violations, d’émettre des alertes de sécurité, de mener le plaidoyer en faveur des personnes menacées ou détenues, d’analyser la viabilité économique des médias et de produire des rapports réguliers sur la liberté de la presse.
Pour assurer ce travail, le comité utilise l’application M2D, intégrée à la plateforme Togo Watch. Cet outil permet de signaler rapidement les incidents, de centraliser les données et de faciliter le suivi des cas. Il constitue un appui technique essentiel pour la surveillance des violations.
Le comité est présidé par Sylvestre Beni. Il est épaulé par deux rapporteurs qui sont Abass Issaka et Noélie Assogbavi. Quatorze organisations de médias et de défense des droits humains y sont représentées, dont l’UJIT, le CACIT, Amnesty International Togo, Reporters Sans Frontières Togo, la CONAPP, l’ATOPPEL, l’ACAT et la CTDDH.
Pour son président, cette structure est avant tout un espace de collaboration. « Il s’agit d’une synergie pour lutter contre les violations des droits au Togo », a déclaré Sylvestre Beni. Il a précisé que le comité n’est pas une structure d’opposition, mais un outil destiné à renforcer l’État de droit et à protéger les libertés fondamentales.
À travers ce comité, les organisations de presse et de défense des droits humains entendent agir de manière concertée pour un espace médiatique plus sûr et plus respectueux.
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