La musique s’est élevée le 7 mars dernier pour les enfants autistes au siège de la Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées (FETAPH). Un concert caritatif y a fait l’écho de la nécessité de la prise en charge des enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme.
À l’initiative de l’Autisme Togo Merveilles et Mystères, un concert caritatif a réuni autorités, partenaires institutionnels et acteurs de la société civile pour la mobilisation des ressources pour soutenir le centre d’accueil et d’éducation « La Petite Maison », aujourd’hui unique structure dédiée à l’autisme dans le pays.
Créée en 2021 par des parents d’enfants autistes et des professionnels de santé, l’association Autisme Togo Merveilles et Mystères est née d’un constat alarmant : l’absence, au Togo, de structures spécialisées capables d’accompagner les personnes vivant avec le trouble du spectre de l’autisme (TSA).
À l’échelle mondiale, environ un enfant sur cent est concerné par ce trouble neurodéveloppemental, selon l’Organisation mondiale de la santé. Il se manifeste par des difficultés de communication, d’interaction sociale et par des comportements répétitifs ou atypiques.
Au Togo, la prévalence exacte demeure inconnue, faute de données épidémiologiques et d’outils de diagnostic largement accessibles. Face à cette réalité, l’association a décidé de passer à l’action. En 2025, elle a ouvert « La Petite Maison », un centre d’accueil et d’éducation qui accompagne aujourd’hui plus de 30 enfants et adolescents âgés de 3 à 21 ans.
Des défis majeurs pour la prise en charge des enfants autistes
Si l’initiative suscite un élan de solidarité, les besoins restent considérables. En effet, les ressources matérielles sont encore insuffisantes. Il s’agit notamment de mobilier spécialisé, d’équipements pédagogiques, et d’outils numériques. À cela s’ajoute le manque de professionnels formés indispensables pour assurer un accompagnement adapté comme des orthophonistes, des ergothérapeutes, des psychologues et des éducateurs spécialisés.
Lors de son allocution, la présidente de l’association, Assibi Tchagbataou, a lancé un appel clair à la solidarité nationale et internationale. « Nous sollicitons tout soutien, qu’il soit matériel, financier, technique ou moral, afin d’améliorer durablement la prise en charge de nos enfants », a-t-elle déclaré devant les participants.
Au-delà de la levée de fonds, l’événement s’inscrit dans une démarche plus large de sensibilisation. Car au Togo, comme dans de nombreuses sociétés africaines, l’autisme reste entouré de préjugés.
Dans certaines communautés, le trouble est encore interprété comme une malédiction ou une punition spirituelle, ce qui conduit parfois à l’isolement des familles. « Ce n’est pas une malédiction. C’est un trouble qu’il faut comprendre, accepter et accompagner », a rappelé avec insistance la présidente de l’ATMM.
L’autisme, un enjeu de politique publique
Présent à la rencontre, Karimu Wasiyou, directeur des personnes handicapées au ministère de l’Action sociale, a salué l’engagement de l’association. Il a rappelé que l’inclusion des personnes vulnérables figure parmi les priorités de la politique sociale nationale, inscrite notamment dans la feuille de route gouvernementale et dans les engagements du pays en faveur de l’Agenda 2030.
De son côté, N’Kekpo Dodzi, directeur des programmes de la FETAPH, a souligné que l’autisme constitue désormais un enjeu sociétal majeur, qui dépasse le seul cercle des familles concernées.
Ce concert caritatif s’inscrit également dans la préparation de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, célébrée chaque année le 2 avril. Pour l’édition 2026, l’ATMM prévoit une vaste campagne nationale d’information à travers des émissions radiophoniques et télévisées destinées à sensibiliser le grand public.
Mais là encore, les moyens financiers demeurent un défi. Pour les organisateurs, l’enjeu est de transformer l’élan de solidarité suscité par cette soirée en un engagement durable.
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