L’association Autisme Togo merveilles et mystères (ATMM) a célébré, ce samedi 18 avril 2026 au Lycée d’Agoè-Nyivé, la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. La rencontre a réuni autorités, professionnels de santé, parents, ainsi que des élèves. L’objectif est de briser les tabous entourant ce trouble neurodéveloppemental.
Le thème retenu : « Ensemble pour l’inclusion : donnons une place à chaque personne vivant avec le TSA ». Le Trouble du spectre de l’autisme (TSA) reste encore méconnu et souvent sujet à des interprétations erronées dans la société. Pour Assibi Tchagbataou, directrice de l’ATMM, cette campagne vise à informer le grand public pour « démystifier et dédramatiser le concept ».
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ un enfant sur 127 dans le monde est atteint du TSA. Une réalité qui nécessite donc une prise en charge précoce. Au Togo, les défis sont nombreux : diagnostic tardif, manque de structures spécialisées et stigmatisation sociale. L’ATMM s’est ainsi donné pour mission de favoriser le respect et la dignité des personnes concernées. L’association accompagne déjà 20 enfants. Elle plaide alors pour la mise en place de programmes d’éducation inclusive. La directrice a d’ailleurs souligné que ces « champions » méritent une attention particulière de la part de toute la communauté.
Le TSA n’est ni une maladie, ni une malédiction
Le Dr Rissikatou Salifou Ouro-Sama, psychologue clinicienne, a apporté un éclairage sur les origines du TSA. Elle a précisé qu’il ne s’agit ni d’une maladie, ni d’une malédiction, mais d’une manière différente de percevoir le monde. Si des facteurs environnementaux ou alimentaires sont parfois cités, le Dr Rissikatou insiste sur le fait qu’on ne peut pointer un seul facteur comme cause unique.
Environ 2000 enfants seraient atteints de ce trouble au Togo, selon les estimations de la psychologue. Elle a rappelé l’importance d’outiller les enseignants, car de nombreux élèves présentent des signes du TSA sans bénéficier d’un encadrement adapté.
« L’enfant vivant avec le TSA a droit à la vie, à la santé et à l’éducation », a-t-elle martelé pour inciter les parents à ne plus cacher leurs enfants.
Plaidoyer de l’ATMM au sujet de l’autisme
Au-delà de la sensibilisation, la directrice de l’ATMM a lancé un appel aux pouvoirs publics. Elle a insisté sur la nécessité d’un soutien financier accru pour pérenniser les actions de l’association. Mme Assibi Tchagbataou a également plaidé pour la création de centres de prise en charge spécialisés à travers le pays. Ce renforcement des infrastructures permettrait de répondre à la détresse de nombreuses familles togolaises.
Un panel riche en échanges a également meublé la rencontre. A l’issue de cette dernière, les panélistes ont plaidé pour un renforcement de la prise en charge des personnes autistes. Ils ont aussi exhorté les autorités à multiplier les programmes de formation pour les agents de santé mais aussi et surtout pour les enseignants . Selon Mme Assibi Tchagba Tatou, un diagnostic précoce reste la clé pour une inclusion réussie des enfants vivant avec le TSA. « Ce résultat ne sera possible qu’avec votre accompagnement », a-t-elle rappelé aux autorités, espérant que l’autisme devienne une véritable priorité nationale.
Le représentant de la ministre de la Solidarité, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfant, Monsieur Sallah était présent lors de la rencontre. Il a réaffirmé la volonté du président du Conseil, Faure Gnassingbé de renforcer les politiques publiques en faveur de l’inclusion. Ce soutien se manifeste par la formation des acteurs de terrain et la lutte contre les préjugés qui isolent les familles.
« L’inclusion n’est pas un privilège, c’est un droit », rappelle Monsieur Aho, représentant de la Fédération togolaise des associations de personnes handicapées (FETAPH).
Les partenaires comme le Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP) soutiennent également cette initiative. La rencontre s’est achevée sur un appel à la solidarité pour que chaque citoyen, quelle que soit sa différence, puisse trouver sa place dans la société.
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