Le gouvernement cherche à franchir une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la Vision Togo 2040 du Président du conseil, Faure Gnassingbé. A l’occasion d’un atelier d’échanges approfondis, baptisé « Deep Dive » jeudi 30 juillet à Lomé, le gouvernement, le secteur privé et des partenaires techniques et financiers ont engagé une réflexion de fond sur le rôle que devront jouer les entreprises dans la mise en œuvre de la vision ainsi que de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031.
Présidée, au nom du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, par Dr Sandra Ablamba Johnson, ministre, Secrétaire général de la Présidence du Conseil, cette rencontre a rassemblé plusieurs membres du gouvernement, les représentants du Groupe de la Banque mondiale, de la Société financière internationale (SFI), des organisations patronales, des grandes entreprises, des PME, du monde universitaire, de la magistrature ainsi que des experts internationaux.
Au-delà des échanges techniques, la démarche consiste à faire du secteur privé le principal levier de création de richesses, d’emplois et de compétitivité au cours des quinze prochaines années.
Une nouvelle étape dans la Vision Togo 2040
Organisé dans le prolongement du séminaire gouvernemental des 11 et 12 juin derniers, cet atelier traduit la volonté des autorités de renforcer le dialogue entre l’État et les opérateurs économiques afin d’identifier les réformes les plus susceptibles d’accélérer les investissements productifs.
Pour le gouvernement, l’atteinte des objectifs fixés par la Vision 2040 passe désormais par une transformation profonde du modèle économique national. Cette stratégie repose notamment sur deux ambitions majeures : doubler le produit intérieur brut (PIB) par habitant et ramener le taux de pauvreté en dessous de 15 %, grâce à une croissance plus inclusive, plus résiliente et davantage portée par l’investissement privé.
En ouvrant les travaux, Dr Sandra Ablamba Johnson a insisté sur la nécessité d’opérer une véritable transformation structurelle de l’économie. « L’atteinte de ces objectifs nécessite une transformation structurelle de l’économie, et donc un nouveau modèle de croissance davantage tiré par l’investissement privé afin de créer plus de richesses et d’emplois », a-t-elle déclaré.
Les échanges ont permis de dresser un état des lieux des progrès réalisés ces dernières années pour renforcer l’attractivité économique du pays. Parmi les indicateurs mis en avant figure la progression du stock d’investissements directs étrangers (IDE), qui a augmenté de 27,3 % en 2025 pour atteindre 2,063 milliards de dollars.
Les participants ont également souligné les effets positifs du développement de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), devenue l’un des principaux pôles industriels de la sous-région, ainsi que les réformes engagées dans les domaines douanier et foncier afin de renforcer la sécurité juridique des investisseurs et d’améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Ces avancées sont considérées comme des préalables indispensables à une accélération des investissements privés dans les secteurs stratégiques.
Consolider le partenariat entre l’État et les entreprises
Au cours de cette rencontre, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de faire du secteur privé un partenaire privilégié de la transformation économique.
Dr Sandra Ablamba Johnson a rappelé que plusieurs mécanismes de concertation ont été mis en place afin d’améliorer le dialogue entre les pouvoirs publics et les entreprises, notamment la Cellule climat des affaires, présidée par le Président du Conseil, ainsi que le Cadre de concertation État-secteur privé, piloté par le ministère de l’Économie et des Finances.
La ministre a salué le leadership de Faure Essozimna Gnassingbé dans la conduite des réformes économiques et appelé l’ensemble des acteurs à renforcer leur coopération dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes économiques et budgétaires.
Les interventions du ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, du ministre délégué chargé de l’Économie maritime, Kokou Edem Tengue, et du ministre délégué chargé de la Promotion des investissements, Arthur Lilas Trimua, ont convergé vers un même objectif : améliorer durablement le climat des affaires afin de stimuler les investissements et soutenir une croissance créatrice d’emplois.
Les représentants du patronat ont, de leur côté, affiché leur volonté d’accompagner plus fortement les ambitions économiques du gouvernement. Président de l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET), Charles Kokouvi Gafan a annoncé l’engagement du secteur privé à accroître significativement ses investissements dans plusieurs domaines prioritaires.
L’industrie, l’agro-industrie, les infrastructures, la logistique, l’énergie, le numérique ainsi que les services à forte valeur ajoutée figurent parmi les secteurs identifiés comme moteurs de la croissance future.
Le secteur privé entend également renforcer la transformation locale des matières premières, développer les chaînes de valeur nationales et promouvoir une économie davantage fondée sur l’innovation, la compétitivité et la création d’emplois de qualité.
Le soutien renouvelé du Groupe de la Banque mondiale
Les partenaires internationaux ont salué la démarche engagée par les autorités togolaises. Intervenant au nom du Groupe de la Banque mondiale, Nathalie Kouassi Akon, directrice de la Division Golfe de Guinée de la Société financière internationale (SFI), a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les réformes destinées à renforcer le dynamisme du secteur privé.
Elle a également souligné la qualité du partenariat stratégique développé avec le Togo et salué le leadership des autorités dans la conduite des réformes structurelles engagées ces dernières années.
Au terme de cette journée d’échanges, plusieurs priorités ont été identifiées : poursuivre l’amélioration du climat des affaires, renforcer les partenariats public-privé, mobiliser davantage d’investissements structurants et définir des engagements réciproques entre l’État et les opérateurs économiques.
Les groupes de travail consacrés à l’agro-industrie, à la logistique, au transport et à l’énergie ont permis d’identifier les principaux obstacles à lever ainsi que les réformes prioritaires à mettre en œuvre à court et moyen terme.
En plaçant le secteur privé au cœur de sa stratégie de développement, le gouvernement entend désormais accélérer la transformation structurelle de l’économie togolaise et faire de la Vision Togo 2040 un projet partagé entre l’État, les entreprises et les partenaires au développement. Pour les autorités, la réussite de cette ambition passera avant tout par une mobilisation accrue des investissements, une compétitivité renforcée et une coopération plus étroite entre les acteurs publics et privés.
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