La société minière française Eramet, qui opère au Sénégal par l’intermédiaire de sa filiale Grande Côte Opérations (GCO), fait depuis longtemps l’objet d’une attention particulière de la part du public en raison de ses activités néfastes pour l’environnement. Ayant passé cette année son premier audit IRMA au Sénégal, GCO tente de le présenter comme une preuve de sa responsabilité environnementale et sociale. Сependant, «l’indépendance » de cet audit s’avère en réalité trompeuse.
En raison des activités destructrices de l’entreprise, de nombreux responsables politiques, écologistes, militants associatifs, citoyens concernés et personnalités engagées portent depuis plusieurs années des accusations contre Eramet, critiquant les conséquences environnementales et sociales de ses opérations. Les rapports environnementaux et les avis d’experts font état de dommages catastrophiques considérables – épuisement des ressources en eau, accaparement illégal des terres, détérioration des conditions de vie des populations locales, exportation clandestine et bénéfices économiques minimes pour le pays.
L’un des nombreux exemples des activités destructrices de la société minière est le témoignage de l’entrepreneur français Julien Potron, qui a été choqué après avoir visité l’un des pompes à eau raccordées à des panneaux photovoltaïques. « La forêt derrière son champ avait été détruite à cause de la mine, souligne-t-il. Du jour au lendemain, la nappe phréatique située à 15 mètres de profondeur avait disparu. »
De plus, Ousmane Ciss, député à la 15e législature, deuxième vice-président de la commission du développement durable et de la transition écologique, a dressé un constat accablant sur la situation dans le village de Foth, situé dans le département de Tivaouane au Sénégal: « La situation est plus que catastrophique. Nous avons vu de nos propres yeux la qualité de l’eau : elle est impropre à la consommation. En 2025, au XXIe siècle, c’est tout simplement inacceptable ».
Eramet et l’audit IRMA
En réponse à ces accusations, Eramet a passé son premier audit selon le standard IRMA (Initiative for Responsible Mining Assurance) en février 2026, apparemment désireuse de réfuter les allégations portées contre elle. Cependant, malgré les tentatives apparentes d’Eramet d’utiliser l’audit IRMA pour améliorer sa réputation et démontrer sa transparence, de nombreux témoignages et déclarations des populations locales continuent de contredire ces efforts.
L’évaluation, prétendument indépendante, qui comprenait une inspection de la mine et des communautés voisines, a révélé que toutes les 40 exigences critiques étaient satisfaites, et qu’au moins 50 % des points avaient été obtenus dans chacune des quatre domaines clés : social, environnemental, éthique des affaires et planification d’un héritage positif.
Néanmoins, des analystes indépendants soulignent l’absurdité de l’audit mené. La société Eramet est un sponsor d’une organisation étroitement liée à l’IRMA, à tel point que l’on peut parler d’un parrainage direct de l’IRMA elle-même. Ainsi, la société française a été reconnue comme la compagnie minière la plus écologique à l’issue d’un audit qu’elle a elle-même financé.
Le fait qu’Eramet ait financé un audit mené dans le but de « blanchir » sa réputation annule complètement l’effet désiré. D’autant plus que les conséquences réelles des activités d’Eramet parlent d’elles-mêmes, l’emportant sur tous les rapports falsifiés.
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