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Brigitte Adjamagbo : ‘Rendez-nous notre Constitution !’

Togo Breaking News
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Brigitte Adjamagbo

Au Togo, la question constitutionnelle revient au cœur de la confrontation politique. Lundi, la députée d’opposition Brigitte Adjamagbo-Johnson a lancé un appel frontal au pouvoir en place : « Rendez-nous notre Constitution ! ». Une formule qui, au-delà de la rhétorique militante, traduit l’inquiétude croissante d’une partie de l’opposition face à ce qu’elle considère comme une nouvelle tentative de verrouillage institutionnel.

La présidente de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) accuse l’exécutif dirigé par Faure Gnassingbé de préparer, en coulisses, une nouvelle réforme constitutionnelle destinée à consolider un système politique déjà profondément contesté depuis la réforme institutionnelle adoptée en 2024.

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L’ombre persistante de la réforme constitutionnelle

Pour l’opposition togolaise, la réforme constitutionnelle adoptée en 2024 constitue un tournant majeur dans l’histoire politique du pays. Officiellement présentée comme une évolution institutionnelle vers un régime parlementaire, elle est perçue par ses détracteurs comme une reconfiguration du pouvoir destinée à prolonger l’emprise de l’exécutif.

C’est précisément ce scénario que redoute aujourd’hui Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson. « Nous rejetons toute manœuvre et tout deal politique destinés à entériner la rupture constitutionnelle de 2024 », affirme-t-elle, dénonçant une stratégie politique qu’elle juge déjà écrite.

Selon la député, la mécanique serait désormais classique : ouverture d’un dialogue politique contrôlé, réforme de la commission électorale, modification de la Constitution, puis organisation d’un référendum dont l’issue serait, selon ses mots, « connue d’avance ».

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L’appel de Brigitte Adjamagbo

Dans ce contexte, la députée d’opposition formule une série d’exigences radicales. Elle appelle notamment au retour à la Constitution de 1992, texte fondateur du pluralisme politique togolais, et à l’application effective de la limitation du mandat présidentiel. Un point particulièrement sensible au Togo. Pour l’opposante, le président Faure Gnassingbé a déjà exercé un nombre de mandats excédant la limite constitutionnelle.

Plus encore, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson réclame la démission de l’exécutif et la mise en place d’une transition démocratique.

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Ces déclarations ne surgissent pas dans un vide politique. La semaine dernière, quatre regroupements de partis d’opposition et d’organisations de la société civile ont tenu une conférence de presse commune pour dénoncer ce qu’ils qualifient de dérive institutionnelle. Pour ces organisations, la réforme constitutionnelle et les projets de révision en préparation traduiraient une volonté persistante du pouvoir de reconfigurer les règles du jeu politique à son avantage.

Cette convergence inédite entre partis politiques et organisations citoyennes traduit aussi une tentative de recomposition d’une opposition longtemps fragmentée et affaiblie.

Qu’elle relève d’une alerte démocratique ou d’une bataille de positionnement politique, la controverse autour de la Constitution illustre une réalité persistante au Togo. En effet, la question des règles du jeu institutionnel reste l’un des principaux points de fracture de la vie politique. Trente ans après l’adoption de la Constitution de 1992, le débat sur la limitation des mandats et sur la nature du régime continue de structurer l’affrontement entre pouvoir et opposition.

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