La collecte de fonds lancée par l’Alliance nationale pour le changement (ANC) a soulevé un tollé dans certains milieux politiques. Jean Pierre Fabre, le président du parti est sorti de sa réserve le week-end dernier pour répondre aux contempteurs. Lors d’une rencontre avec les militants au siège du parti, M. Fabre a revendiqué une démarche qu’il estime conforme aux pratiques politiques ordinaires.
« On appelle les militants, les sympathisants, à aider le parti à financer ses actes. Alors, quel est le problème ? Je n’en vois pas ! », a-t-il lancé, d’un ton direct, en réponse aux interrogations et commentaires parfois acerbes qui ont fleuri sur les réseaux sociaux depuis l’annonce de la collecte.
Une polémique révélatrice
La collecte de fonds a en effet suscité des réactions contrastées. Pour certains observateurs, cet appel traduirait des difficultés financières internes, voire une fragilité organisationnelle du parti. D’autres y voient une communication maladroite, intervenue dans un contexte politique déjà tendu.
À l’inverse, une frange importante des militants et sympathisants de l’ANC défend la démarche, rappelant que la contribution financière des adhérents constitue un pilier classique du fonctionnement des partis politiques, en particulier dans des environnements où les subventions publiques sont inexistantes ou limitées. Financer les activités, les campagnes de sensibilisation ou simplement assurer la survie administrative d’un parti relève, selon eux, d’un engagement militant assumé.
Une collecte de fonds inscrite dans une bataille politique
Au-delà de la polémique financière, cet appel intervient dans un moment clé pour l’ANC. Le parti est en première ligne dans la contestation de l’instauration de la 5e République, qu’il considère comme une rupture majeure dans l’architecture institutionnelle du pays.
Sous l’impulsion de Jean-Pierre Fabre, l’ANC dénonce une réforme qui affaiblit le principe du suffrage universel direct pour l’élection du chef de l’État mais renforce durablement le pouvoir en place. Depuis plusieurs mois, le parti multiplie les prises de parole publiques, les mobilisations militantes et les actions de terrain pour tenter de fédérer une opposition à ce qu’il présente comme un « recul démocratique ».
Dans ce contexte, la collecte de fonds apparaît aussi comme un instrument stratégique. Disposer de moyens financiers suffisants pour soutenir la contestation, organiser des rencontres politiques et maintenir une présence constante sur le terrain.
Pour Jean-Pierre Fabre, il ne s’agit donc ni d’un aveu de faiblesse, ni d’un expédient, mais d’un choix politique assumé.
Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails






