Alors que les indicateurs macroéconomiques affichent une trajectoire d’amélioration, le ressenti des citoyens togolais raconte une toute autre histoire. Une nouvelle enquête de Afrobaromètre met en lumière un profond décalage entre les performances économiques officielles et la réalité quotidienne des ménages. Entre difficultés économiques persistantes, érosion du pouvoir d’achat et insatisfaction face aux réponses publiques, le malaise social semble s’enraciner dans le quotidien des ménages.
Une majorité de Togolais estime que le pays va dans la mauvaise direction. C’est le principal enseignement de la dépêche numéro 1134 publiée le 24 février 2026. Alors que les autorités mettent en avant la réduction du déficit public et le ralentissement de l’inflation, la nouvelle enquête d’opinion réalisée en novembre 2024 auprès de 1 200 adultes par Afrobaromètre dresse un constat sévère sur le ressenti des citoyens.
Selon les données recueillies, 62% des personnes interrogées considèrent que le pays va dans la mauvaise direction. Ce niveau marque une hausse de 11 points par rapport à 2021. Dans le détail, 63% des répondants jugent la situation économique nationale mauvaise, dont 22% la qualifient de très mauvaise. Seuls 30% estiment qu’elle est bonne.
La défiance s’étend à l’évolution récente. Plus de 6 Togolais sur 10 affirment que l’économie s’est détériorée au cours des douze derniers mois. Toutefois, près de la moitié des personnes interrogées disent espérer une amélioration dans l’année à venir, signe d’un optimisme mesuré.
Conditions de vie sous pression d’après la nouvelle enquête
Le malaise dépasse la seule perception macroéconomique. 50% des répondants décrivent leurs propres conditions de vie comme mauvaises. Plus d’un Togolais sur deux estime que sa situation personnelle s’est dégradée en un an.
Les privations matérielles apparaissent massives. D’après Afrobaromètre, 9 personnes sur 10 déclarent avoir manqué de revenus en espèces au moins quelques fois durant l’année écoulée. 50% évoquent des difficultés d’accès aux soins médicaux et 52 % des problèmes d’accès à l’eau potable. Près de la moitié affirment avoir manqué de nourriture à plusieurs reprises.
L’indice de pauvreté vécue calculé par Afrobaromètre indique que 75% des Togolais se situent dans une situation de pauvreté modérée ou forte. Les disparités sont marquées selon les régions, le niveau d’instruction et le lieu de résidence. Les zones rurales apparaissent plus exposées que les centres urbains.
Dans ce contexte, les attentes à l’égard des autorités restent élevées. Le chômage est cité comme la priorité numéro un par 44% des répondants. Le coût de la vie, la pauvreté et l’insécurité alimentaire figurent également parmi les préoccupations majeures.
L’évaluation de l’action gouvernementale est largement négative. Quatre répondants sur cinq désapprouvent la performance des autorités en matière de stabilité des prix et de réduction des inégalités. 73% critiquent la gestion globale de l’économie.
Ces résultats de la nouvelle enquête d’Afrobaromètre contrastent avec les chiffres officiels qui mettent en avant une baisse du déficit budgétaire et un recul de l’inflation ces dernières années dans le cadre de la feuille de route Togo 2025.
Le décalage entre amélioration des indicateurs macroéconomiques et perception citoyenne constitue l’un des enseignements centraux de l’étude. Si les agrégats nationaux montrent des signes de stabilisation, le ressenti dominant reste celui d’une pression accrue sur le pouvoir d’achat et d’un accès difficile aux services essentiels.
Malgré ce tableau sombre, l’enquête révèle une capacité de résilience sociale. Près d’un Togolais sur deux continue de croire à une amélioration prochaine de la situation économique.
Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails





