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Togo : le MMLK alerte sur le sort des meuniers

Pélagie ASSAGBAVI
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Au Togo, certains travailleurs des moulins gagneraient entre 5 000 et 15 000 FCFA par mois, très loin du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) fixé à 52 500 FCFA depuis 2023. L’alerte a été lancée jeudi dernier par le Mouvement Martin Luther King (MMLK), qui dénonce une situation qu’il qualifie d’esclavage des temps modernes. L’organisation de défense des droits humains affirme avoir recueilli plusieurs témoignages de travailleurs du secteur.

Selon ces échanges, les meuniers évolueraient dans des conditions particulièrement précaires, avec des horaires de travail très étendus et une rémunération largement en dessous des normes prévues par la législation togolaise.

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D’après le MMLK, ces travailleurs effectuent généralement entre 12 et 15 heures de travail par jour, la plupart du temps du lundi au samedi. Malgré ces longues journées, beaucoup d’entre eux ne disposeraient d’aucun contrat de travail formel, ni de congés, ni d’assurance sociale.

Le MMLK indique également que ces employés ne seraient pas déclarés à la caisse de sécurité sociale (CNSS), ce qui les prive de toute protection en cas d’accident de travail, de maladie ou de retraite. En plus de cette absence de couverture sociale, les meuniers ne bénéficieraient d’aucune prime ni avantage professionnel.

La question de la rémunération reste l’un des points les plus préoccupants soulevés par l’organisation. Selon les informations recueillies, la majorité des travailleurs du secteur percevraient entre 5 000 et 10 000 FCFA par mois, tandis que certains, considérés comme les plus chanceux, atteindraient 15 000 FCFA mensuels. Ces montants restent très éloignés du SMIG officiel de 52 500 FCFA, fixé par les autorités togolaises depuis 2023.

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Le MMLK appelle à respecter la convention collective

Pour le MMLK, cette situation constitue une grave atteinte à la dignité humaine et illustre les difficultés persistantes à faire appliquer le code du travail dans certains secteurs informels de l’économie. L’organisation estime que les meuniers font partie des travailleurs les plus vulnérables et les plus invisibles, malgré le rôle important qu’ils jouent dans la transformation des céréales consommées quotidiennement par de nombreuses familles.

Face à cette situation, le mouvement appelle l’État togolais, le patronat et les organisations syndicales à agir rapidement pour faire respecter la législation sociale en vigueur. Il plaide notamment pour un meilleur contrôle des activités informelles et une sensibilisation accrue des employeurs sur leurs obligations légales.

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Le Mouvement Martin Luther King affirme également se réserver le droit d’accompagner les travailleurs dans une action collective si aucune amélioration n’est constatée. L’organisation évoque notamment la possibilité d’une grève de trois jours afin de réclamer de meilleures conditions de travail et l’application effective du code du travail.

En attendant, le mouvement appelle les meuniers à se mobiliser et à défendre leurs droits, estimant que seule une prise de conscience collective permettra d’améliorer durablement leurs conditions de vie et de travail.

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