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Santé sexuelle et reproductive : les femmes et les jeunes filles handicapées auditives sensibilisées

Vanessa DEKADJE (Stagiaire)
5 Min Read

L’Association des Sourds du Togo (AST) a tenu mercredi en collaboration avec l’Association Togolaise pour le bien être familial (ATBEF) une séance de sensibilisation sur les Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR). L’activité visait à éduquer les femmes et les jeunes filles en situation de handicap auditif sur la maîtrise de leur corps et de leurs droits fondamentaux.

L’activité s’inscrit dans le cadre du projet « La Voix des Femmes ». Elle a porté sur le thème « Sensibilisation sur les Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR) ». La session a été animée par Jules Kpanté Broukoum, Assistant Programmes chargé de mobilisation des ressources et communication de l’ATBEF. La fluidité des échanges a été assurée par Ayena Théophile Ekpe, qui a officié en tant qu’interprète en langue des signes tout au long de la rencontre.

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La séance a débuté par une clarification sur la distinction entre la Santé sexuelle et reproductive (SSR) et les DSSR. Alors que la SSR se concentre sur l’aspect sanitaire et médical, les DSSR introduisent la notion de liberté et de dignité humaine. Pour le formateur, l’absence de maîtrise de la langue des signes par le personnel soignant constitue un frein majeur à la qualité des services pour les personnes sourdes.

Pour la présidente de l’AST, Abla Patsoh Amouzou, cette activité est essentielle pour outiller les femmes malentendantes face aux défis de leur quotidien. « Nous avons choisi ce thème pour permettre aux femmes malentendantes et sourdes d’avoir des notions sur leurs droits, notamment les droits liés à la santé sexuelle et reproductive. En effet, les informations sur ces notions n’étaient pas accessibles aux personnes malentendantes. Nombreuses sont celles qui méconnaissent ces droits, d’où l’importance d’initier ce projet », souligne-t-elle.

Les participantes ont été informées de leur vulnérabilité accrue face aux violences et à l’exclusion des services de santé. « Les femmes handicapées ont moins accès à l’information, elles doivent donc connaître leurs droits », a martelé le facilitateur de l’ATBEF. Cette initiative de l’AST répond ainsi à un besoin urgent d’accès à l’information inclusive.

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Le débat s’est enrichi de questions venant des participantes. Les questions ont notamment porté sur la gestion des sentiments sexuels à l’adolescence. Le formateur a insisté sur la nécessité pour les parents de bâtir une relation de confiance avec leurs enfants afin de les guider. S’adressant particulièrement aux élèves, il a conseillé de privilégier les études. Il a toutefois martelé l’importance de se protéger avant tout rapport sexuel.

Autonomie en Santé sexuelle et reproductive

Un point d’honneur a été mis sur la déclaration des droits sexuels de l’IPPF de 2008, qui comporte 10 articles essentiels. Le formateur a insisté sur l’égalité devant la loi et le droit à l’intégrité corporelle. Il a rappelé que chaque femme a le droit de dire « non » à tout contact non consenti, affirmant avec insistance : « votre corps vous appartient ». 

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En matière de santé, le droit de bénéficier des progrès scientifiques a été souligné, tout en rappelant que la discrimination envers les personnes vivant avec le VIH est un acte grave. Concernant les infections sexuellement transmissibles (IST) et le SIDA, le formateur a insisté sur le dépistage précoce. « Les médicaments pour les personnes séropositives sont gratuits depuis l’année 2008», rappela t-il aux participantes. 

Par ailleurs, la planification familiale a été présentée non comme une simple limitation des naissances, mais comme un outil d’espacement et d’aide à la conception. Les échanges ont permis d’aborder des sujets comme l’électrophorèse et les lois encadrant l’avortement au Togo.

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