Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN Togo) a organisé lundi à Lomé un atelier de formation aux professionnels de médias. La rencontre a été consacrée au rôle des médias dans la promotion de l’inclusion et la lutte contre la discrimination à l’égard des femmes et des filles handicapées au Togo. L’objectif est d’outiller les participants afin qu’ils communiquent davantage sur la question.
Cette initiative, organisée en collaboration avec l’ONG La Colombe et ONU Femmes, bénéficie du soutien du Fonds français Muskoka. Elle s’inscrit dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, placés cette année sous le thème national : « Agissons ensemble contre les violences à l’égard des femmes et des filles handicapées au Togo ».
Ambroisine Memede, Coordonnatrice de REMAPSEN Togo a rappelé l’engagement du réseau à accompagner le combat contre les violences basées sur le genre, en particulier celles touchant les femmes et filles handicapées.
« Cette thématique est au cœur de notre traditionnel rendez-vous du REMAPSEN Togo. Nous tenons à comprendre pour mieux en parler. Les professionnels des médias ont un rôle essentiel dans l’éducation du public, la lutte contre la stigmatisation et le soutien aux actions du ministère de l’Action sociale. Le rapport officiel indique que le Togo enregistre en moyenne 2000 cas de violences basées sur le genre chaque année. Cela nous appelle à réfléchir et à communiquer pour le changement », a-t-elle insisté.
Cette rencontre a permis d’outiller les journalistes sur leur rôle stratégique dans la transformation sociale : déconstruire les préjugés, promouvoir l’égalité, répondre aux besoins d’information, amplifier les bonnes pratiques et révéler les réalités des femmes handicapées.
La session de formation a été animée par Enyonam Akakpo-Numado, président du Conseil d’administration municipal de la FETAPH. S’appuyant sur les données du dernier Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2022), il a rappelé que 10,73 % de la population togolaise vit avec un handicap, dont 57 % sont des femmes.
Selon M. Akakpo-Numado, les discriminations subies par les femmes et filles handicapées sont multiples et touchent tous les domaines.
« Les familles hésitent encore à scolariser les filles handicapées, estimant qu’elles auront peu de chances de réussir dans un environnement déjà compétitif. Dans les marchés, certaines commerçantes n’acceptent pas leurs consœurs handicapées comme actrices économiques. De même, de nombreux maîtres artisans ou chefs d’atelier refusent d’accueillir des apprenties handicapées en raison de croyances culturelles ou superstitieuses. Les femmes handicapées sont souvent exclues du cadre familial, rarement considérées comme épouses potentielles», a-t-il révélé.
M. Akakpo-Numado a expliqué que dans de nombreux cas, elles subissent abandon, rejet, grossesses non désirées sans soutien du père et d’importantes difficultés d’autonomie. La discrimination touche également l’accès aux formations, aux soins et au marché du travail, ce qui aggrave davantage leur vulnérabilité .
Le formateur pense que l’inclusion est un chemin, un processus. Le plus important, c’est de se mettre en route.
Il a par ailleurs salué les avancées observées au Togo ainsi que la volonté politique exprimée ces dernières années. Pour lui, la transition vers une société réellement inclusive commence dans les familles, qui doivent adopter des attitudes positives envers les personnes handicapées.
Les participants, engagés pour la plupart dans la défense des droits humains et la couverture sociale, sont désormais mieux armés pour contribuer à une communication responsable et inclusive. Ainsi, REMAPSEN Togo, ses partenaires et les médias participants entendent jouer pleinement leur rôle pour faire reculer les violences basées sur le genre et bâtir un Togo plus juste et plus équitable pour toutes.
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