C’est un chantier longtemps morcelé, parfois négligé, mais désormais replacé au cœur de l’agenda public. Ce 9 décembre 2025, les principaux acteurs impliqués dans la gestion des déchets du District autonome du Grand Lomé se sont retrouvés autour de la même table pour une première rencontre de concertation inédite. La séance visait à faire l’état des lieux d’un secteur stratégique, pointer les dysfonctionnements persistants et poser les bases d’une gestion plus intégrée, plus coordonnée et plus durable des déchets dans l’agglomération loméenne.
La rencontre a réuni Ministères sectoriels, communes des préfectures du Golfe et d’Agoè-Nyivé, autorités du District, ONG et structures parapubliques engagées dans la collecte et la valorisation des déchets, sous la houlette du ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique.
Un diagnostic sans complaisance de la gestion des déchets
La rencontre a permis de dresser un tableau contrasté de la situation. Si des progrès ont été enregistrés ces dernières années dans la structuration du secteur, les défis restent nombreux et souvent criants.
Parmi les principales insuffisances soulevées figurent le déficit de décharges intermédiaires, les dysfonctionnements de la précollecte, l’insuffisance des équipements de collecte et de transport, ainsi que la faible mobilisation des financements dits « verts ». À cela s’ajoutent le non-paiement récurrent des taxes de ramassage par certains ménages et un manque de coordination entre les différentes entités intervenant sur le terrain.
Le cadre institutionnel, jugé parfois inadapté aux réalités locales, a lui aussi été passé au crible, avec des participants appelant à une meilleure clarification des rôles et responsabilités.
Présent à la rencontre, le ministre de l’Environnement, le professeur Komla Dodzi Kokoroko, a salué l’engagement des différents acteurs et appelé à un sursaut collectif. « Il faut sortir des discours fragmentés pour entrer dans une dynamique d’actions coordonnées », a-t-il martelé en substance.
Le ministre a surtout annoncé la mise en place prochaine d’un cadre de travail formel réunissant administrations centrales, collectivités locales, directions techniques spécialisées et organisations de la société civile. Il sera alors question d’approfondir les échanges et jeter les bases d’un projet structurant pour la gestion des déchets dans le Grand Lomé.
Un enjeu environnemental… et sociétal
Derrière la question purement technique de la gestion des déchets se dessine un enjeu bien plus large : celui de la qualité de vie urbaine et de la santé publique. « Quand les déchets sont mal gérés, c’est toute la ville qui en pâtit », résumait un participant, évoquant la montée des risques sanitaires et les atteintes irréversibles à l’environnement.
Au terme des échanges, les participants ont réaffirmé leur engagement à travailler de concert pour transformer un secteur encore largement perfectible. Cette première rencontre marque ainsi le point de départ d’un processus de collaboration renforcée entre institutions publiques, collectivités territoriales, ONG et partenaires techniques.
La réussite de cette démarche dépendra toutefois d’un double impératif : une volonté politique constante et une évolution profonde des comportements citoyens face aux déchets. Car plus qu’un défi environnemental, la gestion des déchets s’impose désormais comme un véritable projet de société, au service d’un Grand Lomé plus propre, plus sain et plus résilient.
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