Le lieutenant-colonel Tchangani Atafaï accède à un poste stratégique au ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique. L’officier supérieur des Forces armées togolaises (FAT) a été nommé chef du corps des agents des eaux et forêts, à un moment où la pression sur les ressources naturelles du pays s’intensifie.
Peu médiatisé jusqu’ici, Tchangani Atafaï incarne une génération d’officiers formés à la gestion des enjeux sécuritaires dans un environnement de plus en plus hybride. Sa nomination traduit une volonté d’insuffler une culture de discipline et d’efficacité opérationnelle à un corps confronté à des défis multiples. Ces défis vont de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources forestières à la surveillance des zones protégées.
Dans un contexte où les trafics de bois, le braconnage et l’occupation anarchique des terres fragilisent les écosystèmes, le recours à un profil militaire apparaît comme une réponse à la nécessité de renforcer les capacités de contrôle sur le terrain.
Eaux et forêts au cœur des enjeux environnementaux
Le corps des agents des eaux et forêts joue un rôle central dans la mise en œuvre des politiques environnementales. Il est en première ligne pour assurer la préservation du couvert forestier, la gestion durable des ressources naturelles et la protection de la biodiversité.
Au Togo, ces missions prennent une dimension particulière. Le pays fait face à une dégradation progressive de ses forêts, sous l’effet conjugué de la pression démographique, de l’exploitation agricole et des activités informelles. À cela s’ajoutent les défis liés à l’érosion côtière et aux effets du changement climatique, qui exigent une réponse coordonnée et structurée.
La nomination du lieutenant-colonel Atafaï à la tête des agents des eaux et forêts répond ainsi à la nécessité de renforcer la sécurisation des espaces forestiers et améliorer la gouvernance des ressources naturelles. Un équilibre délicat, qui suppose à la fois une présence accrue sur le terrain et une capacité à travailler avec les communautés locales.
Car au-delà de la répression, la durabilité des politiques environnementales repose sur l’adhésion des populations, souvent dépendantes des ressources forestières pour leur subsistance.
Avant sa nomination, le Lieutenant-Colonel Tchangani Atafaï assurait depuis novembre 2023 le commandement du 2e Bataillon d’Intervention Rapide (2e BIR) à Dapaong. Ce fin stratège, passé par les bancs de Saint-Cyr et aguerri par une mission internationale à la tête du contingent togolais de l’ONUCI, confirme ici une ascension constante au sein de la haute hiérarchie militaire. Ancien responsable dans l’administration pénitentiaire, il avait déjà démontré sa capacité à gérer des transitions sensibles en prenant les rênes du 1er BIR en 2020, succédant au Colonel Bitala Madjoulba.
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