Gilbert Houngbo est désormais face à une concurrence pour la direction de l’Organisation internationale du travail (OIT). Alors que l’élection du prochain directeur général est prévue le 16 novembre 2026, le Pérou vient d’entrer dans la course avec la candidature de son ancien ministre des Affaires étrangères, Javier Gonzalez-Olaechea. Une candidature qui vient s’ajouter à celle de l’Espagnole Yolanda Díaz et du celle du togolais actuellement au poste.
Élu en 2022 pour un mandat de cinq ans, l’ancien Premier ministre togolais est le premier Africain à diriger l’OIT. Son mandat doit théoriquement s’achever en 2027, le prochain directeur général devant entrer en fonction le 1er octobre 2027.
Gilbert Houngbo joue la carte de la continuité
Pour Gilbert Houngbo, l’enjeu de cette nouvelle bataille électorale est celui de la continuité à la tête d’une institution confrontée à de profondes transformations du monde du travail. Sa candidature intervient alors que l’OIT doit notamment composer avec les bouleversements liés aux nouvelles technologies, à l’intelligence artificielle, à l’automatisation et aux mutations des marchés de l’emploi.
Face à ces évolutions, la capacité de l’organisation à défendre les droits des travailleurs, à promouvoir le dialogue social et à accompagner les États dans l’adaptation de leurs politiques constitue l’un des principaux enjeux du prochain mandat.
Le scrutin de novembre ne portera donc pas uniquement sur la personnalité du futur directeur général. Il devra également déterminer la ligne que l’OIT entend suivre au cours des prochaines années.
Le Pérou entre dans la course
Lima a officiellement proposé Javier Gonzalez-Olaechea, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien responsable ayant travaillé pendant près de deux décennies au sein de l’OIT. Dans sa déclaration de mission, le candidat péruvien met notamment l’accent sur la nécessité de réformer l’organisation et de préserver la dignité au travail face aux transformations provoquées par l’intelligence artificielle et l’automatisation.
Son profil, marqué par une longue expérience au sein de l’Organisation internationale du travail, constitue ainsi un argument central de sa candidature. L’Espagne a, de son côté, présenté Yolanda Díaz, ministre du Travail, portant à plusieurs le nombre de prétendants désormais engagés dans la succession de Gilbert Houngbo.
Une élection à bulletin secret en novembre
Le processus électoral doit connaître une étape importante en novembre avec les auditions des différents candidats. Celles-ci seront suivies d’un scrutin à bulletin secret. L’élection est fixée au 16 novembre 2026, tandis que le mandat du prochain directeur général débutera le 1er octobre 2027. D’ici là, la campagne devrait permettre aux candidats de défendre leur vision de l’avenir de l’organisation et de tenter de convaincre les membres de son organe directeur.
Pour Houngbo, il s’agira notamment de défendre le bilan de son premier mandat et de convaincre qu’il demeure le mieux placé pour poursuivre la trans formation de l’organisation dans un environnement international de plus en plus complexe.
L’OIT confrontée à une équation financière délicate
La compétition pour la direction de l’Organisation internationale du travail intervient parallèlement à une situation financière préoccupante.
Comme d’autres organisations du système des Nations unies, l’OIT fait face à des tensions de trésorerie liées notamment au retard de paiement des contributions statutaires. Les États-Unis, longtemps premier contributeur de l’organisation, ont annoncé leur intention de ne pas verser leur contribution au prochain exercice budgétaire.
À la date de juillet, Washington devait déjà 257 millions de francs suisses, soit environ 315 millions de dollars, au titre des contributions et arriérés, selon les éléments communiqués. Cette situation contraint l’organisation à envisager des mesures d’économies. Son organe directeur doit se réunir le mois prochain pour examiner notamment la question des effectifs.
Un document préliminaire évoque la possibilité de supprimer jusqu’à 120 postes à temps plein sur la période 2026-2027, soit environ 7 % des effectifs. La candidature de Gilbert Houngbo prend donc place dans une élection où les enjeux dépassent largement la seule succession institutionnelle.
À la transformation du monde du travail s’ajoute une contrainte financière susceptible de peser sur les capacités opérationnelles de l’organisation. Le prochain directeur général devra ainsi conjuguer défense des normes internationales du travail, adaptation aux mutations technologiques et gestion d’une équation budgétaire plus difficile.
Pour Gilbert Houngbo, candidat à sa réélection, le défi consiste désormais à obtenir le soutien nécessaire pour prolonger son mandat à la tête de l’OIT et poursuivre la trajectoire engagée depuis 2022.
Le verdict des membres de l’organisation est attendu le 16 novembre prochain.
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