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Togo-Burkina : l’ANC dénonce l’extradition de Paul Henri Damiba

Louis KAMAKO
3 Min Read
Paul Henri Sandaogo Damiba

L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a vivement condamné l’extradition de Paul Henri Damiba, ancien président du Burkina Faso par le Togo vers son pays, à la demande des militaires qui l’avaient renversé. Dans une déclaration rendue publique, le parti d’opposition exprime sa consternation face à une décision qu’il juge lourde de conséquences sur les plans juridique, politique et humanitaire.

Selon l’ANC, cet acte constitue une rupture brutale avec les principes fondamentaux du droit d’asile et du droit international. Le parti estime que le Togo, en procédant à cette remise, renie les valeurs humanistes dont il se prévalait jusqu’à présent et crée un précédent qualifié de gravissime.

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L’ANC parle d’un refoulement politique déguisé et d’une violation manifeste des obligations internationales du Togo, soulignant que Paul-Henri Sandaogo Damiba bénéficiait depuis plus de trois ans de la protection de l’État togolais en tant que réfugié politique.

Au cœur de la critique figure le principe de non-refoulement, pilier du droit international, qui interdit à un État de renvoyer un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté est menacée. Pour le président de l’ANC, ce principe a été cyniquement violé par les autorités togolaises.

« Aucun  État responsable ne peut livrer un réfugié aux autorités mêmes dont il a fui le pouvoir, en particulier lorsqu’il s’agit d’un régime militaire issu d’un coup d’État », écrit Jean-Pierre Fabre qui rejette également l’argument des garanties avancées par le Togo concernant le respect de l’intégrité physique, de la dignité et des droits de l’ancien président burkinabè.

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Un prétexte politique pour l’extradition de Paul Henri Damiba ?

Les accusations portées contre Paul-Henri Sandaogo Damiba, notamment celles de détournement criminel de deniers publics, d’enrichissement criminel, de corruption, de blanchiment de capitaux et d’incitation à la commission de crimes et délits, sont perçues par l’ANC comme un prétexte politique.

Le parti affirme que ces charges ne reposent sur aucune décision judiciaire indépendante ni sur des preuves vérifiables, et dénonce leur instrumentalisation à des fins politiques par les autorités burkinabè, avec l’aval du gouvernement togolais.

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L’ANC déplore ce qu’elle qualifie de procès expéditif et de décision arbitraire, opaque et unilatérale, prise en dehors de toute procédure contradictoire. Elle estime que cette remise viole de manière flagrante les principes de l’État de droit.

Même dans l’hypothèse non démontrée de soupçons fondés, le parti considère que le Togo disposait d’alternatives légales et responsables, telles que l’extradition de Paul Henri Damiba vers un pays tiers sûr.

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