La Sierra Leone accueillera les 17 et 18 novembre 2026 le premier Sommet de l’intégration et de l’investissement en Afrique de l’Ouest (WAIIS). Réunissant à Lungi des chefs d’État, investisseurs, acheteurs et porteurs de projets, l’initiative entend donner une traduction concrète à l’intégration régionale : mobiliser les capitaux, conclure des partenariats et faire passer les projets de l’ambition au financement.
Le rendez-vous se tiendra au Julius Maada Bio International Conference Centre (JMBICC), à Lungi, dans le district de Port Loko. Convoqué par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, également président sortant de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, le sommet s’inscrit dans le prolongement d’un mandat de la Conférence fondé sur les recommandations de la 96e session ordinaire du Conseil des ministres.
Derrière le WAIIS, l’ambition est de recentrer l’intégration ouest-africaine sur ses ressorts économiques : marchés intégrés, infrastructures et investissement.
Passer des projets aux transactions
Le WAIIS veut se distinguer par son approche orientée vers l’exécution. Organisé avec le concours de Richard Attias & Associates (RA&A), le sommet doit mettre en relation les projets régionaux avec les investisseurs et les grands acheteurs, avec l’objectif d’aboutir à des engagements concrets.
Quatre secteurs structurent le portefeuille : l’abondance énergétique et l’industrialisation verte ; les minéraux stratégiques et le développement des ressources naturelles ; l’agro-industrie et la transformation des systèmes alimentaires ; la transformation numérique et la connectivité.
Trois dispositifs doivent soutenir cette logique. L’Investor Deal Room doit rapprocher les opportunités des capitaux et contribuer à leur préparation à l’investissement. Le Buyers’ Marketplace vise à connecter les fournisseurs régionaux aux acheteurs de référence. Enfin, les tables rondes du secteur privé et les sessions de signature doivent permettre de lever certains obstacles transfrontaliers et d’accélérer les transactions prêtes à être conclues.
L’objectif affiché est de faire émerger des bons de commande, mandats de développement, trajectoires de financement, coentreprises et partenariats investissables.
Un portefeuille de 180 milliards de dollars
La préparation du sommet a déjà permis de constituer une première liste régionale de plus de 170 opportunités, représentant une valeur indicative d’environ 180 milliards de dollars.
Ce portefeuille est élaboré sous la direction du Secrétariat exécutif du WAIIS, porté notamment par l’Initiative présidentielle sur le changement climatique, les énergies renouvelables et la sécurité alimentaire (PI-CREF) et l’Africa Climate and Energy Nexus (AfCEN).
Le défi de Freetown sera désormais de transformer cette masse d’opportunités en projets suffisamment structurés pour attirer des capitaux et déboucher sur des décisions d’investissement.
Le WAIIS a commencé à déployer certains de ses instruments avant même son rendez-vous de novembre. À Kigali, lors de l’Africa Food Systems Forum, le sommet a procédé au prélancement d’une Facilité d’investissement pour le riz en Afrique de l’Ouest, présentée comme le premier guichet d’une facilité régionale pour l’agro-industrie et la souveraineté rizicole, envisagée à hauteur de 1 milliard de dollars.
La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a annoncé une proposition de soutien de 100 millions de dollars à cette facilité.
Le numérique constitue un autre axe stratégique. Le WAIIS prépare un portefeuille régional aligné sur l’initiative continentale « AI 10 Billion », avec des trajectoires consacrées aux infrastructures d’intelligence artificielle, à l’entrepreneuriat, aux compétences et à l’adoption responsable de ces technologies.
Les minerais stratégiques et la jeunesse au programme
Les minéraux stratégiques doivent également faire l’objet d’un programme de préparation à l’investissement en amont du sommet. Parallèlement, un programme dédié à la jeunesse et à l’innovation est envisagé. Il comprendrait notamment un Youth Sprint, un Innovation Challenge et un hackathon, avec l’ambition de connecter les entreprises sélectionnées aux mentors, aux acheteurs, aux investisseurs et aux espaces de négociation du WAIIS.
L’objectif est de rapprocher deux enjeux souvent traités séparément : la montée en puissance du capital humain régional et la capacité à transformer l’innovation en activité économique.
Le président Julius Maada Bio veut également donner au secteur privé une place centrale dans la préparation du sommet. Le 20 août, il a convoqué le premier dialogue du Conseil consultatif du secteur privé du WAIIS (PSAB). Les personnalités pressenties pour y participer sont appelées à examiner le portefeuille de projets, identifier les obstacles aux échanges transfrontaliers et contribuer directement à la préparation des transactions.
Le message porté par la présidence sierra-léonaise est clair : le sommet ne doit pas être uniquement guidé par les agendas institutionnels, mais également par les réalités du marché.
« Le WAIIS vise à transformer ces fondations en investissements, en échanges commerciaux, en emplois et en résilience », a déclaré Julius Maada Bio. Pour le président sierra-léonais, la réussite du sommet se mesurera aux « transactions avancées », aux engagements signés et aux partenariats effectivement exécutés.
Le WAIIS n’est « Pas un sommet politique de plus »
À la tête de la préparation stratégique du WAIIS, l’Hon. Dr Kandeh Kolleh Yumkella, Envoyé spécial du président Bio pour le sommet et président de la PI-CREF, défend une approche résolument tournée vers l’exécution. « Le WAIIS n’est pas un sommet politique de plus », affirme-t-il, rappelant le travail engagé depuis janvier par les ministres, financiers, entreprises et équipes techniques au sein des groupes de travail consacrés aux quatre piliers.
Pour le responsable, l’enjeu consiste désormais à rapprocher « projets crédibles, acheteurs et capitaux » et à donner à chaque résultat « un responsable, un calendrier et un cheminement rigoureux vers le bouclage financier ».
Le WAIIS entend surtout dépasser le format classique du sommet ponctuel. Son dispositif doit fonctionner comme une plateforme d’exécution jusqu’en 2030, avec un portefeuille régional de projets, un registre des engagements et un système de mise en relation entre investisseurs et porteurs de projets.
Le Co-Secrétariat exécutif doit également assurer le suivi des progrès vers le bouclage financier, notamment à travers des outils d’intelligence de portefeuille fondés sur l’IA et l’infrastructure de Deal Room développée pendant la préparation du sommet.
Environ 1 000 participants sont attendus à Freetown, parmi lesquels des chefs d’État et de gouvernement, des dirigeants d’entreprises africains et internationaux, des investisseurs et des institutions de financement du développement.
La participation à la Deal Room sera soumise à candidature et invitation. Les institutions intéressées peuvent s’inscrire sur www.waiis.org
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