La 76ᵉ session du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique se poursuit à Addis-Abeba. Ouverts le 24 août dernier, les travaux enregistrent la participation du Togo, aux côtés de plusieurs acteurs du secteur de la santé. Dr Gilbert Tsolenyanu, membre de la délégation de l’ISP plaide en faveur d’une plus grande implication des associations et syndicats de professionnels de santé dans les cadres de gouvernance et de lutte pour l’amélioration des systèmes de santé.
Cette session constitue un cadre de concertation et de décision sur plusieurs questions prioritaires, notamment le financement de la santé, les ressources humaines en santé, la réglementation des produits médicaux, la vaccination, la préparation et la réponse aux urgences sanitaires ainsi que le renforcement des systèmes de santé.
L’objectif est de favoriser des réponses communes et adaptées aux réalités africaines, dans un contexte où les pays du continent sont appelés à renforcer leur autonomie et leur capacité à répondre efficacement aux besoins de leurs populations.
La gestion du personnel soignant, le combat du Dr Gilbert Tsolenyanu
Le Togo participe à cette importante rencontre à travers Dr Gilbert Tsolenyanu. Le secrétaire général du Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT) s’est appesanti sur le programme de gestion des personnels de santé en Afrique 2026-2035, présenté comme un cadre stratégique destiné à répondre durablement aux besoins du continent en ressources humaines pour la santé.
Les chiffres illustrent l’ampleur du défi. Entre 2013 et 2024, les effectifs de personnels de santé en Afrique sont passés de 1,6 million à 5,72 millions et leur densité moyenne a progressé de 11,67 à 29,96 professionnels pour 10 000 habitants. Malgré ces avancées, une pénurie d’environ 5,85 millions de personnels pourrait encore persister en 2030 et dépasser six millions en 2035 si les efforts en matière de formation, d’emploi et de rétention ne sont pas suffisamment renforcés.
Pour le responsable du SYNPHOT, l’enjeu ne consiste pas seulement à former davantage de professionnels. Il faut également pouvoir les employer, les retenir et leur offrir des conditions de travail favorables. Le programme régional repose précisément sur cette approche articulée autour de trois priorités : planifier, former et retenir.
À l’horizon 2035, l’objectif est notamment de former, employer et retenir au moins 3 millions de personnels de santé supplémentaires, de porter la densité moyenne à 47 professionnels pour 10 000 habitants et de réduire le taux moyen de chômage des personnels de santé à 13 % au maximum.
Le programme accorde également une place importante au dialogue social, à la protection des travailleurs et à l’amélioration des conditions de travail. Il prévoit notamment que 80 % des pays disposent de conventions collectives avec les syndicats et associations professionnelles. Pour le Dr Tsolenyanu, cette dimension est essentielle pour garantir des systèmes de santé performants et durables.
« N’oublions pas que leurs vies, nos vies, dépendent de nous et osons l’audace de réussir », a-t-il déclaré, en rappelant la responsabilité des acteurs de la santé envers les populations africaines.
Une voix pour une meilleure implication des professionnels de santé
La participation du Dr Gilbert Tsolenyanu à la RC76 ne s’est toutefois pas limitée à la question des ressources humaines. Au point 11 de l’ordre du jour, le secrétaire général du SYNPHOT a également lu la déclaration de l’Internationale des services publics (ISP).
Ici, il salue la stratégie régionale de l’OMS dans ce domaine, tout en relevant qu’aucun pays africain ne figure parmi les 39 pays concernés par les autorités listées par l’OMS (WLA). La déclaration appelle ainsi à renforcer la coopération sous-régionale et propose la création d’un Fonds africain pour les médicaments et l’innovation pharmaceutique.
Le Dr Tsolenyanu a par ailleurs insisté sur la nécessité de donner une place plus importante aux organisations représentant les professionnels de santé dans les décisions publiques. Une orientation qui rejoint directement les ambitions du Programme de gestion des personnels de santé en Afrique 2026-2035, notamment en matière de dialogue social et de gouvernance.
« Nous appelons fortement à inclure les associations et syndicats de professionnels de santé dans les cadres juridiques, politiques et de gouvernance prioritaires », a-t-il recommandé.
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