Togo : la Banque mondiale décaisse 200 millions $, voici ce qui est prévu

Didier ASSOGBA
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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ...
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Le Togo vient d’obtenir un financement de 200 millions de dollars du Groupe de la Banque mondiale. Cette somme servira à la mise en œuvre du Programme d’amélioration des services logistiques et de transport (PASLT). Il s’agit d’un projet d’envergure destiné à renforcer sa position de plateforme logistique majeure en Afrique de l’Ouest.

Ce programme s’inscrit dans la vision des autorités togolaises de faire du pays un hub régional du commerce et du transport, en s’appuyant notamment sur les performances du Port autonome de Lomé, devenu l’un des principaux points d’entrée et de transit de la sous-région.

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Les axes du financement de la Banque mondiale

Le premier pilier du programme concerne la réhabilitation de la ligne ferroviaire reliant le Port autonome de Lomé à la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA). L’objectif est de permettre le transport de conteneurs par voie ferrée et de fluidifier les échanges entre le port et cette zone industrielle stratégique située à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale.

Mise en service en janvier 2022, la PIA est devenue un maillon essentiel de la chaîne logistique togolaise. Sa capacité d’accueil, estimée à 12 500 conteneurs, lui permet d’assurer la desserte des pays de l’hinterland, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali.

La modernisation de cette liaison ferroviaire devrait réduire la pression sur le réseau routier et accélérer le traitement des marchandises en transit.

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Désengorger le Grand Lomé

Le deuxième axe du PASLT vise à améliorer la mobilité urbaine dans le Grand Lomé, confronté à une circulation de plus en plus dense, notamment dans la zone portuaire.

La Banque mondiale estime que près de 2,2 millions d’habitants bénéficieront d’une meilleure offre de transport et d’une diminution des nuisances liées au trafic des poids lourds. La réduction des embouteillages et des émissions polluantes figure parmi les priorités du projet.

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Cette dimension urbaine s’inscrit dans une approche plus large visant à améliorer la qualité de vie des populations tout en soutenant les activités économiques.

Désenclaver les zones agricoles

Le troisième volet du programme porte sur la connectivité des zones rurales à fort potentiel agricole. Les investissements prévus concernent principalement les régions de la Kara, des Savanes, des Plateaux et de la Plaine de Mô. L’ambition est de faciliter l’accès des producteurs aux marchés locaux, régionaux et internationaux, tout en réduisant les pertes post-récolte qui affectent encore plusieurs filières agricoles.

Selon les projections de la Banque mondiale, environ 400 000 personnes, dont une majorité de femmes, bénéficieront directement d’une amélioration des infrastructures de transport et d’un meilleur accès aux opportunités économiques. Les ouvrages qui seront réalisés intégreront également des normes de résilience afin de mieux faire face aux effets du changement climatique.

Le Port de Lomé comme levier de croissance

Pour le Groupe de la Banque mondiale, ce financement représente une opportunité stratégique pour consolider le rôle du Togo dans le commerce régional.

« Ce programme représente une opportunité stratégique majeure pour le Togo de renforcer sa position en tant que principal pôle de transport et de logistique de la sous-région et au-delà, en s’appuyant sur le Port de Lomé comme un atout stratégique », a souligné Tony Verheijen, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo.

L’institution estime également que le projet favorisera la création d’emplois, le développement des chaînes de valeur et l’attraction d’investissements privés.

Ce nouveau financement s’inscrit dans le cadre du partenariat croissant entre Lomé et la Banque mondiale. À fin mars 2026, le portefeuille de l’institution au Togo atteignait déjà 1,49 milliard de dollars, couvrant plusieurs secteurs prioritaires tels que les infrastructures, l’agriculture, l’énergie et le développement du secteur privé.

En décembre 2025, la Banque mondiale avait déjà approuvé un financement supplémentaire de 150 millions de dollars destiné à soutenir l’investissement privé et l’emploi. Cette nouvelle enveloppe de 200 millions de dollars confirme ainsi la place centrale accordée au transport et à la logistique dans la stratégie de développement du Togo. Une stratégie portée par la montée en puissance du Port autonome de Lomé, qui a vu son trafic passer de 311 500 EVP en 2013 à près de 1,9 million d’EVP en 2023.

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Didier ASSOGBA est journaliste multimédia, consultant médias, enseignant et politologue togolais. Actif depuis 2009, il dirige TogoBreakingNews.info depuis 2014. Diplômé de l’UCAO-Togo et formé à l’ESJ Lille, il est spécialisé en analyse politique, gouvernance, communication digitale et médias numériques en Afrique de l’Ouest.