Le Parlement ghanéen a adopté le 29 mai dernier, la loi sur la promotion des droits sexuels et des valeurs familiales, communément appelé loi anti-LGBTQ. Cette adoption finale intervient après l’introduction d’amendements de dernière minute.
La loi anti-LGBTQ vise à criminaliser les activités, le plaidoyer et la promotion des personnes LGBTQ au Ghana. Il s’inscrit dans un cadre juridique que ses initiateurs disent profondément ancré dans les valeurs culturelles, religieuses et traditionnelles du pays. Porté initialement en juillet 2025 par le député d’Assin Sud, le révérend John Ntim Fordjour, le projet de loi défend une vision de la famille strictement composée d’un homme et d’une femme unis par le mariage.
Cependant, la version votée vendredi à la suite d’une deuxième lecture marathon comporte des modifications majeures qui redessinent le périmètre des poursuites judiciaires.
La grande particularité de cette version révisée réside dans l’introduction d’exemptions spécifiques visant à protéger l’exercice de certaines professions. Grâce à ces nouveaux amendements, plusieurs corporations constitutionnelles et médicales échapperont aux sanctions prévues par la loi.
Il s’agit d’abord des avocats. Les professionnels du droit assurant la défense ou la représentation juridique des personnes LGBTQ au Ghana ne pourront pas être poursuivis. Ensuite viennent les journalistes et les médias pour qui l’exercice du droit à l’information est préservé. Les professionnels des médias traitant de ces sujets dans le cadre de leurs fonctions ne s’exposent à aucune peine. Enfin, les médecins, conseillers et professionnels de la santé mentale offrant des soins cliniques ou un accompagnement psychologique sont explicitement protégés de toute action judiciaire.
Le texte adopté doit désormais être transmis au Président de la République pour promulgation avant d’avoir force de loi. Pour rappel, le Parlement avait validé une première mouture de ce texte en février 2024, mais son parcours avait été stoppé net par des recours en constitutionnalité devant la Cour suprême.
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