Un an après son interpellation, le rappeur Aamron refait surface. Engagé ces dernières années, Essowè Narcisse Tchala revient sur les sévices qu’il affirme avoir subis et maintient ses critiques envers le pouvoir. Il questionne la conscience des bourreaux et réitère sa détermination à continuer de dénoncer des injustices sociales.
Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Aamron, de son nom à l’état civil Essowè Narcisse Tchala, rappelle son arrestation et son internement à l’hôpital psychiatrique. L’artiste affirme avoir été victime de torture et interpelle directement ses détracteurs. « Vous m’avez torturé, vous avez changé quoi maintenant finalement ?… Je me souviens encore de la douleur… mon orteil n’est pas totalement rétabli » a-t-il dit avant d’aller jusqu’à adresser une requête glaçante à ses bourreaux présumés : « Au cas où vous voulez encore m’interpeller… ne plus frapper sous mes pieds ».
Au-delà de son cas personnel, Aamron élargit son propos à d’autres citoyens, affirmant que d’autres Togolais… ont subi les mêmes sévices que lui, si ce n’est pire.
Quand le rappeur Aamron interpelle la morale
Par ailleurs, l’auteur de « Alléluia Tout Baigne » questionne la conscience de ceux qu’il accuse : « Quand vous dormez, vous dormez à l’aise ? Votre conscience ne vous dérange-t-elle pas ? », a-t-il formulé.
Dans une série de questions insistantes, il rappelle l’humanité commune entre victimes et bourreaux. « Ces personnes… ce sont aussi des compatriotes togolais comme vous », a souligné l’artiste dénonçant ce qu’il considère comme une déshumanisation des opposants ou des voix critiques. Son discours vise également à souligner l’absurdité, selon lui, de la répression : « Est-ce que vous avez encore du cœur ? ».
Malgré les épreuves évoquées, le rappeur Aamron se montre défiant et déterminé. « Je peux encore me présenter devant vous… je n’ai pas peur », affirme-t-il, revendiquant une forme de résilience face à l’adversité.
Il insiste sur son engagement à poursuivre son combat : « Je vais toujours vous dire la vérité… vous pouvez me torturer encore ». Une posture qui s’inscrit dans la continuité de ses prises de position passées contre la gouvernance du pays.
Fils d’un ancien directeur de la gendarmerie nationale, le rappeur Aamron estime enfin que le Togo appartient à tous les Togolais. Comme tel, l’inclusion et à la responsabilité doivent être privilégiées, d’après lui.
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