Le Togo améliore sa position dans le classement 2026 de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse. Le pays progresse de 24 rangs pour atteindre la 97e place sur 180 États, avec un score de 52,56 points, contre 48,03 un an plus tôt. Une avancée notable dans un contexte international où, globalement, la liberté de la presse recule.
En l’espace d’un an, le Togo enregistre une hausse de 4,53 points, quittant la 121ᵉ position pour intégrer le Top 100 mondial. Une performance qui traduit une amélioration relative de l’environnement médiatique, sans pour autant effacer les fragilités structurelles du secteur.
Dans son rapport, Reporters sans frontières souligne que cette progression intervient dans un climat globalement défavorable à la liberté de la presse, marqué par des pressions politiques, économiques et sécuritaires dans de nombreuses régions du monde.
Une position intermédiaire en matière de liberté de la presse
Au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, le Togo se classe 8ᵉ. Le trio de tête régional reste dominé par le Ghana (39ᵉ mondial), le Cap-Vert (40ᵉ) et la Gambie (46ᵉ), des pays régulièrement cités pour la relative ouverture de leur paysage médiatique.
À l’échelle mondiale, la Norvège conserve la première place, devant les Pays-Bas et l’Estonie. À l’autre extrémité du classement figurent la Chine, la Corée du Nord et l’Érythrée.
Avec plus de 230 organes de presse, dont près d’une centaine de radios et une dizaine de chaînes de télévision, le Togo dispose d’un paysage médiatique relativement diversifié. La liberté de la presse y est formellement reconnue, notamment à travers une législation adoptée en 2020 encadrant l’exercice du journalisme et garantissant l’accès à l’information.
Mais derrière ces avancées, des défis persistants subsistent. Reporters sans frontières pointe en particulier la fragilité économique des médias, qui limite leur indépendance éditoriale. Les entreprises de presse, souvent confrontées à des ressources limitées, peinent à assurer leur viabilité dans un marché publicitaire restreint.
Entre progrès et vigilance
Au Togo, les médias publics, bien que structurants dans le paysage national, n’assurent pas toujours pleinement leur mission de service public, selon l’organisation. Par ailleurs, la situation de la presse reste étroitement liée au contexte politique, ce qui continue d’influencer les conditions d’exercice du métier.
Sur un plan plus sécuritaire, le rapport note qu’aucun journaliste n’a été tué au Togo depuis le début de l’année dans l’exercice de ses fonctions.
La progression du Togo dans le classement de Reporters sans frontières constitue un signal encourageant pour les acteurs du secteur. Il faut toutefois rappeler que la liberté de la presse reste un équilibre fragile entre cadre légal, indépendance économique et climat politique. Et c’est dans cette zone d’interaction que se joue, concrètement, la capacité des médias à informer librement et à nourrir le débat public.
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