Face aux dérives informationnelles de plus en plus préoccupantes avec l’essor du numérique, l’éducation aux médias et à l’information des citoyens est plus qu’une nécessité. C’est sens d’une rencontre organisée le 30 avril par le Patronat de la presse togolaise (PPT), en prélude de la Journée mondiale de la liberté de la presse. La session tenue à l’Université de Lomé a réuni professionnels des médias, représentants institutionnels et étudiants.
Dans un écosystème marqué par l’accélération des usages digitaux, la question de la qualité de l’information s’impose avec acuité. « La qualité de la démocratie dépend étroitement de la qualité de l’information », a rappelé le représentant du ministère de la Communication, inscrivant le débat dans une perspective institutionnelle.
Au cœur des échanges, la prolifération des contenus non vérifiés, amplifiée par les réseaux sociaux et les plateformes numériques. Une transformation qui brouille les frontières traditionnelles entre producteurs et consommateurs d’information, au point que, selon plusieurs intervenants, « tout le monde se proclame journaliste ».
Éducation aux médias : un rempart contre les dérives informationnelles
Face à cette recomposition, l’éducation aux médias apparaît comme un levier central. Pour Honoré Adontui, président du Patronat de la Presse Togolaise, il s’agit de « renforcer les capacités des jeunes face aux mutations de l’écosystème médiatique ». Une orientation qui traduit une volonté de professionnalisation, mais aussi de responsabilisation des futurs acteurs de l’information.
Les panels ont ainsi abordé des thématiques comme la distinction entre faits et fake news, la vérification des sources, la responsabilité éditoriale. Des principes classiques du journalisme, remis au centre du débat à l’heure de la viralité et de l’instantanéité.
La réflexion s’inscrit également dans le cadre plus large de la liberté de la presse, consacrée par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Mais pour les organisateurs, cette liberté ne peut être dissociée d’une exigence de responsabilité.
« Il n’y a pas de liberté sans responsabilité », a insisté Honoré Adontui, soulignant le rôle des médias indépendants dans la consolidation de la paix et de la cohésion nationale. Une approche qui fait écho à la Déclaration de Windhoek, texte fondateur pour la liberté de la presse en Afrique.
Intelligence artificielle et nouveaux défis informationnels
Les discussions ont également intégré les mutations technologiques, notamment l’essor de l’intelligence artificielle et des outils comme ChatGPT. Si ces technologies offrent des opportunités en matière de production et de diffusion de contenus, elles posent aussi des défis en termes de vérification et de manipulation de l’information.
Les notions de désinformation, mésinformation et malinformation ont été largement développées, illustrant la complexité des enjeux à l’ère numérique.
Au-delà des professionnels, l’inclusion des étudiants, notamment ceux de l’ISICA, dans les débats traduit une volonté d’anticiper les mutations du secteur. L’objectif est de former des citoyens capables de comprendre les mécanismes de production de l’information, d’en évaluer la fiabilité et d’en faire un usage responsable.
Cette initiative du Patronat de la Presse Togolaise souligne la nécessité de renforcer l’esprit critique comme condition de résilience démocratique.
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