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Lait infantile Nursie : Regards tournés vers le Togo suite à l’alerte sanitaire

Didier ASSOGBA
5 Min Read

Alors que plusieurs pays ont pris des mesures rapides face à une alerte sanitaire concernant le lait infantile Nursie, l’absence, pour l’heure, de communication officielle au Togo soulève des interrogations. La question est d’autant plus sensible que le produit, destiné aux nourrissons et aux enfants en bas âge, circule dans une région où les flux commerciaux transfrontaliers sont particulièrement denses.

L’alerte a d’abord été lancée au Bénin. Dans un communiqué publié le 6 mars 2026, l’Agence béninoise de sécurité sanitaire des aliments (ABSSA) a ordonné l’arrêt immédiat de la vente du lait infantile Nursie et son retrait des circuits de distribution sur l’ensemble du territoire. La décision a été annoncée par son directeur général, Kinnou Kisito Chabi Sika.

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Selon l’agence, des analyses ont révélé un dépassement de la limite réglementaire de céréulide, un composé toxique d’origine bactérienne. Les produits concernés proviennent d’Irlande.

Face aux risques potentiels pour la santé des nourrissons, les autorités béninoises ont pris une série de mesures strictes : suspension de la vente, retrait des produits du marché, rappel des lots déjà écoulés et appel aux consommateurs à cesser immédiatement toute consommation.

L’alerte autour du Lait infantile Nursie dépasse le Bénin

Les familles ayant acheté ces produits ont été invitées à les retourner dans les points de vente afin que les importateurs puissent organiser leur rappel. L’agence a également demandé que tout incident lié à leur consommation soit signalé aux autorités sanitaires. Dans son communiqué, l’ABSSA rappelle que ce type de lait infantile vise une population particulièrement vulnérable : les nourrissons et les jeunes enfants. À ce titre, tout risque de contamination est considéré comme particulièrement préoccupant.

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L’alerte sanitaire n’est pas restée cantonnée au Bénin. Elle s’inscrit dans un dispositif plus large de surveillance sanitaire internationale. Les autorités béninoises disent avoir été informées via le système d’alerte rapide de l’Union européenne.

Dans la foulée, d’autres États ont réagi. Au Niger, le ministère du Commerce et de l’Industrie a adopté le 10 mars un arrêté interdisant l’importation, la distribution, la commercialisation et la consommation du lait infantile Nursie sur l’ensemble du territoire. Les produits explicitement visés sont notamment Nursie Fortinutri 400 g et Nursie 1900 g.

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Plus au nord, le Maroc a également ordonné le retrait préventif de plusieurs lots de cette marque.

Quid du Togo ?

Dans ce contexte, l’absence d’une prise de position officielle à Lomé interpelle certains observateurs. Le Togo partage pourtant une frontière étroite avec le Bénin, et les circuits commerciaux entre les deux pays sont particulièrement fluides, notamment pour les produits alimentaires et pharmaceutiques.

Sachant que le lait infantile Nursie est présent sur le marché togolais, plusieurs experts estiment qu’une communication officielle permettrait de rassurer les consommateurs et d’éventuellement enclencher des mesures préventives, comme des contrôles ciblés ou un retrait temporaire.

Dans les crises sanitaires, la rapidité de la communication publique joue en effet un rôle central. Elle permet non seulement de prévenir les risques, mais aussi d’éviter la propagation de rumeurs susceptibles d’alimenter la méfiance des consommateurs.

Au-delà du cas précis du lait infantile Nursie, cet épisode rappelle l’importance des mécanismes régionaux de surveillance sanitaire en Afrique de l’Ouest. Les marchés étant largement interconnectés, un produit retiré dans un pays peut continuer à circuler dans un autre si les dispositifs de contrôle ne sont pas coordonnés.

Sachant que les échanges transfrontaliers restent intenses dans la région, la gestion des alertes sanitaires nécessite souvent des réponses concertées entre États. Plusieurs observateurs s’attendent alors que les autorités togolaises se prononcent sur ce dossier. Pour les consommateurs, en particulier les parents de jeunes enfants, la transparence et l’information demeurent des éléments essentiels de la confiance sanitaire.

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