Anid

Vo 2 : Un modèle intégré pour la santé infantile en expérimentation

Togo Breaking News
5 Min Read

Au Togo, le « Modèle intégré d’offre de soins et de services pour la survie et le développement de l’enfant » entre en phase pilote dans la préfecture de Vo. Le projet est soutenu par l’UNICEF et le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Sanitaire Universelle. Il ambitionne de réduire la mortalité maternelle et infantile à travers une approche multisectorielle et communautaire.

Il s’agit d’un test stratégique pour améliorer un indice de capital humain encore fragile. En effet, au Togo, la question de la survie et du développement de l’enfant demeure un enjeu central de politique publique. Avec un indice de capital humain estimé à 0,43, en deçà du seuil de référence de 0,5, le pays fait face à des vulnérabilités persistantes. Il s’agit de la mortalité maternelle et néonatale élevée, la malnutrition chronique, les mariages précoces et les violences domestiques.

- Advertisement -

Dans ce contexte, l’UNICEF et le ministère de la Santé déploient un modèle intégré de santé infantile combinant nutrition, vaccination, hygiène et éducation préscolaire. L’approche repose sur des services communautaires renforcés et la mise en place de garderies intégrées, afin d’assurer une prise en charge continue des enfants de 0 à 5 ans.

La préfecture de Vo, dans la région Maritime, a été retenue comme district pilote. Ce choix reflète, selon les autorités sanitaires, « la capacité d’engagement des acteurs locaux et la structuration institutionnelle existante ».

Un ancrage communal assumé

Le 19 février 2026, une séance de restitution s’est tenue dans la commune de Vo 2, à Togoville, sous l’égide du maire Dominique Tomégah. Élus locaux, chefs traditionnels, leaders religieux, tradithérapeutes et responsables sanitaires ont été associés à la démarche.

- Advertisement -

Il s’agissait d’adapter le modèle aux réalités différenciées des localités, d’Anyronkopé à Badougbé. « Ce modèle concerne tout le monde, depuis la maison jusqu’à l’école », a rappelé Dagba Ama Eméfa, chargée de la santé de la reproduction du district de Vo. « La responsabilité est partagée entre le ménage, la communauté, les centres de santé et le préscolaire. »

Cette gouvernance transversale associe préfecture, communes, secteur éducatif, action sociale et services de santé. Elle traduit une évolution vers une gestion territorialisée des politiques sanitaires.

- Advertisement -

Capital humain et développement économique

L’amélioration du capital humain constitue le cœur stratégique du dispositif. Selon les données évoquées lors de la rencontre, plus de 40 % des décès d’enfants surviennent à la naissance ou dans les premières semaines de vie. À cela s’ajoutent des pratiques alimentaires inadéquates et un taux de mariages précoces dépassant 14 % avant 18 ans.

« Chaque minute, des enfants meurent, des femmes enceintes décèdent. Nous devons agir », a insisté Dagba Ama Eméfa.

Au-delà de l’enjeu sanitaire, les impacts sont économiques. Une faible accumulation de capital humain limite la productivité future, freine l’investissement et pèse sur les finances publiques. Pour les décideurs, la prévention précoce représente un levier de rendement social élevé.

Un modèle intégré de santé infantile pérenne et évolutif

Contrairement à un projet à durée déterminée, le modèle intégré de santé infantile est conçu comme un mécanisme continu, avec des évaluations semestrielles destinées à ajuster les interventions. Cette approche vise à éviter l’effet d’essoufflement observé dans certains programmes pilotes. La réussite dépendra toutefois de l’appropriation communautaire.

L’enregistrement systématique des naissances, condition d’accès aux droits fondamentaux, nécessite notamment une implication accrue des pères de famille. « Pour le développement d’une nation, tout le monde doit amener sa pierre à l’édifice », a déclaré le maire Dominique Tomégah, appelant les leaders traditionnels à relayer les messages au sein des ménages.

Si l’expérimentation de Vo 2 produit des résultats mesurables notamment une baisse de la mortalité néonatale, une amélioration des indicateurs nutritionnels, et une progression du taux de scolarisation préscolaire, elle pourrait servir de référence nationale, voire sous-régionale.

Pour l’UNICEF et les autorités togolaises, l’enjeu dépasse le seul district pilote. Il s’agit d’installer un modèle intégré de santé infantile reproductible, capable de renforcer durablement la résilience sanitaire et sociale.

Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails

Share This Article