Médiateur de l’Union africaine dans la crise de la région des Grands Lacs, le Président du Conseil togolais a effectué mardi une visite stratégique en Ouganda. À Entebbe, Faure Gnassingbé a consulté le président Yoweri Museveni et réuni autour de lui plusieurs figures de premier plan de la diplomatie continentale. La démarche visait à consolider une solution africaine à un conflit aux ramifications multiples.
C’est une étape de plus dans une séquence diplomatique intense. Mardi, Faure Gnassingbé, Président du Conseil et médiateur désigné de l’Union africaine (UA) dans la crise des Grands Lacs, s’est rendu à Entebbe, en Ouganda, pour une mission qualifiée de décisive par son entourage.
Ce déplacement s’inscrit dans le prolongement logique des consultations menées ces dernières semaines au Rwanda et au Burundi, deux pays directement concernés par les dynamiques sécuritaires et politiques à l’œuvre dans l’est de la République démocratique du Congo. Après Kigali et Gitega, Kampala apparaissait comme une étape incontournable.
Museveni, un acteur central du jeu dans les Grands Lacs
À Entebbe, Faure Gnassingbé a été reçu par le président Yoweri Museveni, figure historique de la scène politique est-africaine et acteur clé des équilibres régionaux depuis plusieurs décennies. L’entretien en tête-à-tête entre les deux dirigeants a permis au médiateur de l’UA d’exposer l’état des discussions engagées avec les différentes parties prenantes de la crise.
Objectif était de recueillir les analyses et propositions du chef de l’État ougandais, dont l’expérience du dossier des Grands Lacs est jugée précieuse, tant il a observé – et parfois influencé – les différentes phases du conflit depuis ses origines.
« Il s’agissait d’enrichir la réflexion stratégique par l’apport d’un acteur régional central », confie une source diplomatique togolaise, évoquant une consultation franche, axée sur les pistes de désescalade et les leviers politiques encore disponibles.
Une médiation élargie aux sages du continent
L’entretien bilatéral a été suivi d’une séance de travail élargie, réunissant plusieurs membres du panel des facilitateurs continentaux. Autour de la table : les anciens chefs d’État Olusegun Obasanjo (Nigeria), Uhuru Kenyatta (Kenya) et Mokgweetsi Masisi (Botswana), ainsi que les anciennes présidentes Sahle-Work Zewde (Éthiopie) et Catherine Samba-Panza (République centrafricaine).
Les équipes de la médiation de l’Union africaine, ainsi que les délégations togolaise et ougandaise, ont également pris part à cette rencontre de haut niveau, conférant à la concertation une dimension inclusive et coordonnée.
Dans ce cadre, Olusegun Obasanjo a présenté un bilan structuré des démarches entreprises sous la coordination de Faure Gnassingbé, mettant en lumière les avancées enregistrées, mais aussi les points de blocage persistants et les marges de manœuvre encore ouvertes pour une désescalade progressive.
La doctrine des « solutions africaines »
Au cœur de la démarche togolaise, une ligne directrice clairement assumée : « Les solutions africaines doivent prévaloir face aux problèmes africains ». Une vision que Faure Gnassingbé défend depuis sa désignation comme médiateur et qui s’inscrit dans la continuité des recommandations du sommet de Lomé sur la paix et la sécurité.
Cette approche repose sur trois piliers notamment la primauté du dialogue politique, la coopération régionale, et la responsabilité collective des États africains. Pour Lomé, il s’agit d’un multilatéralisme africain pragmatique, visant à éviter l’internationalisation excessive du conflit tout en renforçant les mécanismes internes de résolution.
Dans cette architecture diplomatique, l’Ouganda occupe une place singulière. Par son influence politique, son poids militaire et son implication dans les dispositifs sécuritaires régionaux, Kampala reste un acteur incontournable de toute stratégie de stabilisation durable des Grands Lacs.
La visite de Faure Gnassingbé à Entebbe confirme ainsi une conviction largement partagée au sein de l’Union africaine : aucune solution crédible ne peut émerger sans l’adhésion pleine et entière des puissances régionales.
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