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Réseaux mobiles : l’ARCEP inaugure une plateforme de supervision

Didier ASSOGBA
4 Min Read

L’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP) du Niger a procédé à l’inauguration officielle de sa nouvelle plateforme nationale de supervision des télécommunications. Présentée comme un outil centralisé de pilotage et de contrôle du marché, la plateforme vise à renforcer les capacités de régulation de l’autorité face à la complexité croissante des réseaux et des modèles économiques des opérateurs.

Elle doit permettre une collecte automatisée, continue et sécurisée de données techniques, économiques et de trafic, sans intervention humaine dans le processus de remontée des informations.

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Selon les explications fournies par l’ARCEP, la plateforme repose sur une architecture modulaire, évolutive et non intrusive, conçue pour s’interfacer avec les systèmes d’information et les cœurs de réseau des opérateurs de téléphonie mobile. L’objectif est double : garantir l’intégrité des données transmises et limiter toute possibilité de manipulation ou d’altération.

Trois outils principaux structurent ce dispositif : TRAFCAN, QUALCOP et NETFIX. Leur rôle est de croiser des indicateurs de performance réseau, des données commerciales et des métriques de qualité de service, afin d’éclairer les décisions de régulation, tant sur le plan économique que technique.

Le prestataire retenu pour le déploiement, INFOCOM INTERNATIONAL, une entreprise tunisienne, a été présenté comme disposant d’une solide expérience en Afrique, avec des projets menés notamment au Mali, au Togo, en Mauritanie, en Guinée-Bissau et en République centrafricaine. L’ARCEP a par ailleurs rappelé l’existence d’un mémorandum d’entente avec la Direction générale des Impôts, destiné à faciliter le partage structuré de données et la coordination des actions de contrôle.

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Trois outils complémentaires pour l’ARCEP

Le module TRAFCAN (ou TRAFSCAN) est chargé de la collecte continue des données de trafic voix, SMS et données, ainsi que des revenus associés. Il permet de corréler volumes de trafic, bases d’abonnés et chiffres d’affaires, offrant ainsi une vision fine du fonctionnement économique du marché des communications électroniques.

QUALCOP, de son côté, est dédié au suivi de la qualité de service. Il mesure la disponibilité des sites radio, la couverture géographique, ainsi que les indicateurs d’accessibilité, de maintenabilité et de performance des communications. L’objectif est de produire des données objectives et vérifiables pour évaluer la qualité réellement offerte aux usagers.

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Enfin, NETFIX constitue le volet infrastructure du dispositif. Il assure la supervision centralisée des réseaux critiques, avec un accent particulier sur les infrastructures de fibre optique qui soutiennent les services mobiles et l’interconnexion nationale.

Lors de la présentation technique, le directeur des Réseaux et Services de Communications Électroniques de l’ARCEP, Massaoudou Tahirou, a insisté sur la complémentarité opérationnelle des trois outils. Selon lui, NETFIX joue un rôle stratégique en centralisant la gestion des infrastructures critiques, condition indispensable pour garantir la résilience des réseaux et la continuité des services.

L’ARCEP affiche ainsi son ambition de passer à une régulation fondée sur la donnée, plus transparente, plus proactive et mieux outillée face aux enjeux de performance, de fiscalité et de protection des consommateurs dans un secteur en pleine transformation.

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