Le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT) a lancé lundi le projet d’Amélioration de la qualité d’accueil et de lutte contre la mauvaise gouvernance et les actes illicites dans les hôpitaux publics au Togo. Cette initiative fait suite à de nombreuses plaintes des populations sur les conditions d’accueil, la qualité des soins et les dysfonctionnements observés dans les structures sanitaires publiques. Le projet vise à refonder la confiance entre les usagers et les établissements de santé, à renforcer l’éthique professionnelle et à améliorer durablement la performance du système de santé togolais.
Le lancement s’est déroulé au CHU Sylvanus Olympio. C’était en présence de plusieurs autorités administratives et sanitaires, notamment le directeur général du CHU Sylvanus Olympio, le secrétaire du gouverneur du Grand Lomé et le préfet du Golfe, Kossivi Agbodan.
Le projet fait suite au constat selon lequel des plaintes remettent en question l’effectivité du droit à la santé, pourtant inscrit dans la Constitution togolaise et le Code de santé publique. Les hôpitaux publics, y compris ceux de référence censés offrir les meilleurs soins, figurent paradoxalement parmi les structures les moins bien perçues par les usagers. Les délais d’accueil et de prise en charge sont jugés excessivement longs, l’orientation des patients reste insuffisante et l’accueil manque souvent de chaleur humaine. À cela s’ajoutent des agressions verbales récurrentes entre soignants, patients et accompagnants, ainsi que des reports fréquents de rendez-vous.
Un enjeu collectif et multisectoriel dans les hôpitaux
Pour le SYNPHOT, l’amélioration de l’accueil, de l’hygiène hospitalière et la lutte contre la mauvaise gouvernance constituent un enjeu impliquant l’ensemble des acteurs du système de santé. « C’est un acte de civisme, de courage et de responsabilité partagée visant à renforcer durablement le système sanitaire togolais », a indiqué Nathalie Babaté Bamana.
L’assistante spéciale du Secrétaire général du SYNPHOT assure que le projet entend refonder la confiance entre les usagers et les structures de soins.
En détail, il est prévu des activités de sensibilisation et de formation du personnel de santé sur l’accueil, l’éthique professionnelle et le respect des droits des patients, ainsi que le renforcement des mécanismes de lutte contre la mauvaise gouvernance et les actes illicites. Le projet prévoit également l’amélioration de l’orientation des patients, la promotion de l’hygiène hospitalière et l’instauration d’un dialogue communautaire entre les populations et les structures sanitaires.
Le projet a été officiellement lancé par Kossivi Agbodan. Il soutient que l’initiative s’inscrit dans une dynamique d’assainissement, de modernisation et de responsabilisation visant à faire des structures sanitaires des espaces de confiance, de respect des droits, d’éthique professionnelle et de bonne gouvernance.
« La qualité de l’accueil, le respect des procédures et la lutte contre les actes illicites ne relèvent pas du simple confort administratif. Ils conditionnent la performance des systèmes de santé, influencent le recours aux soins, renforcent la crédibilité de l’État et préservent la cohésion sociale », a précisé le préfet.
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