La troisième édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers (GRCRO) a démarré mercredi 8 juillet 2026 à Lomé. L’événement réunit des experts, régulateurs et spécialistes de la gestion des risques venus de 43 pays. Pour faire face à la criminalité financière de plus en plus complexe, ce rendez-vous vise à concevoir de nouvelles stratégies pour transformer l’intelligence artificielle en un outil de défense contre la fraude et la corruption.
La 3e édition du GRCRO est organisée par l’Association togolaise des Compliance Officers (ATCO), en partenariat avec l’Africa Compliance Academy (ACA) et la CENTIF-Togo. Elle porte sur le thème : « La fraude, la corruption et les autres infractions sous-jacentes au blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme à l’ère de l’intelligence artificielle ». La rencontre se veut alors un cadre de réflexion sur les nouveaux défis liés à la criminalité économique et financière.
Criminalité financière et migration des risques
« Le développement de la criminalité financière et la migration des risques constituent aujourd’hui des défis majeurs de développement, de gouvernance responsable, de compétitivité économique et de souveraineté nationale », a souligné Badanam Patoki, ministre de l’Économie et de la Veille stratégique. « Les outils d’intelligence artificielle leur offrent l’opportunité d’adapter et de perfectionner continuellement leurs modes opératoires afin d’échapper aux dispositifs de contrôle et de surveillance », poursuit-t-il.
Selon le ministre, cette évolution impose aux États, aux institutions financières et aux organes de contrôle une vigilance accrue et une adaptation permanente. « L’ambition est claire : bâtir un système financier plus résilient, plus transparent et davantage capable de prévenir, détecter et sanctionner les risques liés à la criminalité économique et financière », a-t-il affirmé.
Les différents intervenants ont insisté sur la nécessité de transformer l’intelligence artificielle en outil de lutte contre les risques financiers. Représentant le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), Madické Niang a invité les acteurs à « faire de l’intelligence artificielle un allié plutôt qu’une menace ».
Renforcement des compétences
Pour sa part, le président de l’Association togolaise des Compliance Officers (ATCO), Nikada Batchoudi, a annoncé que des discussions sont en cours avec l’Université de Lomé, l’École de droit du Togo et des partenaires internationaux pour la mise en place d’un diplôme de Compliance Officer, afin de renforcer les compétences dans ce domaine en pleine expansion.
Cette première journée a également été marquée par la remise du Prix panafricain de la lutte contre le terrorisme et le blanchiment des capitaux au président du Conseil, Faure Gnassingbé. Cette distinction récompense notamment le soutien apporté à cette plateforme continentale qu’est la GRCRO, les avancées du Togo dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que les efforts du pays en faveur de la paix et de la médiation dans la sous-région.
Les travaux se sont poursuivis à travers plusieurs panels consacrés à la conformité, à la gestion des risques et à la lutte contre la criminalité financière. La rencontre s’achèvera jeudi 9 juillet avec la restitution de la feuille de route et la présentation des recommandations issues des échanges.
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