Xénophobie : Au Ghana, la rue se mobilise contre les entreprises sud-africaines

Louis KAMAKO
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Louis KAMAKO est un journaliste et rédacteur togolais spécialisé dans les questions politiques, sociales et médiatiques. Il couvre l’actualité politique, les enjeux de société et la...
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Les actes de xénophobie en cours en Afrique du Sud irritent dans plusieurs pays du continent. À Accra, des manifestations ont ciblé plusieurs intérêts économiques sud-africains, notamment l’opérateur MTN. Une mobilisation qui reflète l’indignation suscitée par les attaques contre des ressortissants ghanéens en Afrique du Sud.

Depuis plusieurs semaines, des quartiers d’Afrique du Sud sont secoués par des manifestations hostiles aux migrants étrangers. Dans certaines zones, des groupes de protestataires s’en prennent à des commerces tenus par des ressortissants africains, accusés de concurrencer les populations locales sur le marché de l’emploi.

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Parmi les victimes figurent plusieurs Ghanéens installés dans le pays. Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent des scènes d’agressions, de pillages et d’intimidations qui suscitent une vive émotion au Ghana.

Face à la situation, le gouvernement ghanéen convoque les représentants diplomatiques sud-africains et réclame des mesures urgentes pour assurer la sécurité de ses ressortissants. Accra porte également la question devant les instances de l’Union africaine, dénonçant des actes contraires à l’esprit d’intégration du continent.

‘South Africa Must Go’ en réponse à la xénophobie

À mesure que la crise s’aggrave, les autorités ghanéennes organisent le retour volontaire de leurs citoyens vivant en Afrique du Sud. Fin mai, plusieurs centaines de personnes sont rapatriées vers Accra. Beaucoup affirment ne plus se sentir en sécurité ou avoir perdu leurs moyens de subsistance à la suite des violences.

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Dans le même temps, un mouvement citoyen baptisé « South Africa Must Go » voit le jour au Ghana. Ses membres dénoncent ce qu’ils considèrent comme une contradiction. Selon eux, les entreprises sud-africaines bénéficient d’un environnement favorable au Ghana tandis que des Africains sont victimes d’attaques en Afrique du Sud.

Des appels au boycott se multiplient sur les réseaux sociaux. Les manifestants réclament des sanctions économiques et demandent aux entreprises sud-africaines de prendre position publiquement contre les violences.

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Le 11 juin, plusieurs centaines de personnes se rassemblent devant le siège de MTN Ghana à Accra. L’opérateur de télécommunications, l’une des entreprises les plus visibles d’origine sud-africaine dans le pays, devient le symbole de cette contestation.

Les protestataires brandissent des pancartes dénonçant la xénophobie et exigent des actions concrètes en faveur des victimes. D’autres entreprises sud-africaines, notamment dans les secteurs bancaires, minier et audiovisuel, sont également citées par les organisateurs du mouvement.

Toutefois, contrairement à certaines rumeurs relayées en ligne, aucune décision de départ de MTN du Ghana n’a été annoncée. Les manifestations visaient avant tout à exercer une pression politique et économique sur les intérêts sud-africains présents dans le pays.

De son côté, Pretoria a condamné les violences et promis des poursuites contre les groupes responsables des attaques. Une réponse jugée insuffisante par de nombreux manifestants ghanéens, qui réclament des mesures plus fermes pour protéger les ressortissants africains vivant en Afrique du Sud.

Cette crise rappelle la sensibilité persistante de la question migratoire en Afrique australe et les répercussions diplomatiques que peuvent avoir les violences xénophobes sur les relations entre États africains.

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Louis KAMAKO est un journaliste et rédacteur togolais spécialisé dans les questions politiques, sociales et médiatiques. Il couvre l’actualité politique, les enjeux de société et la gouvernance locale avec une approche fondée sur la rigueur, l’analyse et la vérification des faits.