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Sahel : Une alliance civile transnationale pour contester l’ordre militaire

Didier ASSOGBA
3 Min Read

Quatre mois après l’émergence au Mali d’une dynamique contestataire structurée autour de figures religieuses et politiques, une alliance civile entend franchir un cap en régionalisant la contestation. Baptisée Alliance des Démocrates du Sahel (ADS), cette plateforme naissante se donne pour ambition de fédérer les voix civiles opposées à la consolidation des régimes militaires au Sahel.

Réunissant, selon ses initiateurs, une trentaine de personnalités issues de la société civile, du monde politique et de divers secteurs d’influence, l’Alliance des Démocrates du Sahel se positionne d’emblée comme une réponse coordonnée à la montée en puissance de l’Alliance des États du Sahel, dominée par les militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

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Une contestation qui change d’échelle

Jusqu’ici, les initiatives d’opposition aux transitions militaires restaient largement circonscrites aux dynamiques nationales. L’ADS rompt avec cette logique en adoptant une approche transfrontalière, assumant une lecture régionale des crises politiques sahéliennes.

Ses promoteurs dénoncent sans détour la « mainmise militaire » sur les institutions et appellent à un retour à l’ordre constitutionnel, à travers des processus inclusifs impliquant l’ensemble des forces vives. Une posture qui tranche avec la rhétorique souverainiste portée par les régimes en place, lesquels revendiquent une refondation politique affranchie des modèles antérieurs.

L’Alliance des Démocrates du Sahel s’inscrit dans le sillage de la Coalition des forces pour la République, lancée au Mali sous l’impulsion de l’imam Mahmoud Dicko. Mais ses fondateurs se défendent de toute logique de substitution.

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« Il ne s’agit pas de remplacer les initiatives nationales, mais de les renforcer », explique Malick Konaté, secrétaire général de l’alliance. Selon lui, la CFR demeure centrée sur les enjeux maliens, tandis que l’ADS ambitionne de coordonner les actions à l’échelle régionale.

Cette complémentarité revendiquée masque toutefois la multiplication des plateformes contestataires dans un espace politique fragmenté, où les stratégies de mobilisation peinent encore à converger.

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Une alliance civile au sein de l’AES

Au cœur du discours de l’ADS figure une remise en cause explicite de l’AES, perçue comme un instrument de consolidation des régimes issus de coups d’État. Pour ses membres, cette alliance interétatique, loin de répondre aux aspirations démocratiques, contribuerait à verrouiller davantage les espaces politiques nationaux.

L’ADS appelle ainsi à une mobilisation conjointe des acteurs civils des trois pays, dans l’objectif de peser sur les trajectoires politiques en cours. Une stratégie qui suppose néanmoins une capacité d’organisation et de coordination encore à démontrer, dans des contextes marqués par des restrictions accrues des libertés publiques.

Dans le Sahel, l’Alliance des Démocrates du Sahel tente de repositionner la société civile comme acteur central des transitions politiques au Sahel.

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