Au lendemain des vœux à la Nation du président du Conseil, Faure Gnassingbé, le MPDD (Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement) a réagi par un communiqué rendu public le 5 janvier à Lomé. Le parti prend acte de la volonté affichée par l’exécutif de favoriser un climat politique apaisé et de reconnaître la place de l’opposition dans la République Il appelle par ailleurs à aller au-delà des premières mesures annoncées.
Le MPDD salue en particulier les grâces présidentielles et les libérations intervenues ces derniers jours, qu’il qualifie de « pas important dans la bonne direction ». Ces décisions, souligne le parti, répondent à une attente ancienne d’une partie de la population et constituent un soulagement pour les personnes concernées ainsi que pour leurs familles, longtemps éprouvées par les conséquences humaines, sociales et économiques de ces détentions.
Mais pour la formation dirigée par Jonas Komlan A. Siliadin, ces gestes restent insuffisants s’ils ne s’inscrivent pas dans une dynamique plus large. « Un véritable climat de confiance ne peut s’installer tant que demeurent en détention, ou sous pression judiciaire, des personnes poursuivies principalement pour leurs opinions ou leurs engagements politiques », estime le parti.
Il plaide ainsi pour la libération de l’ensemble des détenus d’opinion, l’abandon des poursuites à caractère politique et une révision des textes juridiques qui, selon lui, permettent de criminaliser l’expression politique pacifique.
Le MPDD tient à des réformes politiques
Au-delà de la question des détenus, le MPDD insiste sur la nécessité de réformes structurelles pour donner un contenu réel à l’apaisement politique invoqué par les autorités. Trois chantiers prioritaires sont mis en avant. Le premier concerne le cadre électoral. Le parti appelle à une réforme inclusive de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), du Code électoral et des mécanismes de transparence et de contrôle des résultats, afin de restaurer la confiance des citoyens dans les scrutins et dans la légitimité des institutions issues des urnes.
Deuxième axe porte sur la refonte de la Charte des partis politiques et la mise en place d’une égalité minimale des moyens entre formations. Le MPDD réclame un financement public transparent et équitable ainsi qu’un accès équilibré aux médias d’État. À défaut, estime-t-il, l’asymétrie actuelle des ressources politiques et médiatiques entretient le sentiment d’un quasi-monopole du pouvoir, perçu par une partie de l’opinion comme un héritage persistant de la logique de parti-État.
Enfin, le parti souligne l’urgence de restaurer pleinement les libertés publiques. Cela passe, selon lui, par la garantie effective des libertés d’expression, de réunion et de manifestation pacifique, ainsi que par la protection des journalistes, des défenseurs des droits humains et des acteurs de la société civile. « On ne peut durablement protéger sans protéger aussi les droits et libertés fondamentaux ; on ne peut rassembler en laissant à la marge celles et ceux qui expriment pacifiquement leurs désaccords », insiste le communiqué.
Se revendiquant d’une opposition « constructive, républicaine et utile », le MPDD affirme sa disponibilité à contribuer, avec « sérieux et sens des responsabilités », à l’émergence d’un environnement politique plus inclusif. Un cadre où, conclut le parti, la pluralité des idées, la dignité des personnes et la justice sociale ne relèveraient plus du discours, mais d’une réalité institutionnelle et démocratique partagée.
Rejoignez-nous sur notre chaîne WhatsApp pour plus de détails







