Le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT) réagit au décès d’un patient aux urgences chirurgicales du CHU Sylvanus Olympio. Le 20 mars dernier, la mort rapide du blessé, survenue moins de vingt minutes après son admission, a suscité accusations et indignation sur les réseaux sociaux. Face aux critiques, le SYNPHOT invite le procureur de la République à mener une enquête judiciaire.
L’organisation syndicale remet en cause la négligence du personnel soignant et pointent le manque d’infrastructures sanitaires. Dans un communiqué publié mercredi, l’organisation syndicale précise que le patient a été admis dans un état critique avec un mauvais pronostic vital nécessitant une prise en charge urgente et multidisciplinaire.
« Le blessé, victime d’un accident de la voie publique, avait été pris en charge par les sapeurs-pompiers sur les lieux avant d’être transféré à un centre proche, puis au CHU. À son arrivée, le personnel médical a remis une ordonnance pour les premiers soins à l’accompagnant, qui ne disposait que de 3 500 FCFA. Malgré ce manque de ressources, l’équipe des urgences a fait le nécessaire pour soigner le blessé en demandant et en collectant les produits auprès d’autres patients du service. Malheureusement, le patient est décédé à 10h07, soit moins de 20 minutes après son admission », relate le SYNPHOT.
Le syndicat souligne que ce décès « met en lumière les insuffisances du système », notamment l’absence de mécanisme préhospitalier pour les traumatismes graves et le manque de matériel et de médicaments dans les urgences publiques.
Le SYNPHOT rappelle que les accusations de « négligence du personnel soignant » doivent être examinées à la lumière d’un audit complet, depuis les lieux de l’accident jusqu’aux urgences chirurgicales.
Un décès au CHU SO qui nécessite une enquête
Face à la gravité de la situation, Dr Gilbert Tsolenyanu appelle le ministère de la Santé à « lancer une enquête dans les meilleurs délais pour situer les responsabilités ». Le syndicat sollicite également le Procureur de la République pour « s’autosaisir » et garantir la transparence des investigations.
Dans son communiqué, le syndicat insiste sur la nécessité d’un mécanisme automatique des gestions des urgences vitales dans les hôpitaux publics afin d’assurer une prise en charge immédiate des patients en état critique.
« Le SYNPHOT rappelle également qu’il n’y a aucun mécanisme automatique (coordination des soins, disponibilité du matériel, des produits et accessibilité aux examens) de prise en charge des patients dans les services d’urgence au sein des structures sanitaires publiques. L’insuffisance de ressources matérielles, d’équipements et de personnel aux urgences complique la prise en charge adéquate des patients. », lit-on dans le communiqué.
De même, Dr Gilbert Tsolenyanu, le Secrétaire général du SYNPHOT signale qu’actuellement dans les structures sanitaires publiques, le blessé grave est prioritairement vu par le personnel soignant dès son arrivée. Cependant, les moyens médicamenteux pour une stabilisation rapide de l’état du patient ne sont pas disponibles aux urgences. Tout est acheté par le patient et ses ayant droits ou accompagnants de fortune avec pour conséquence évidente le retard de la prise en charge.
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