Le parlement togolais a ouvert lundi l’examen en commission du projet de Budget 2026, marquant une séquence inédite dans l’histoire institutionnelle du pays. Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de la Constitution du 6 mai 2024, l’Assemblée nationale et le Sénat collaborent dans le cadre d’une procédure budgétaire bicamérale désormais consacrée.
La séance inaugurale s’est déroulée sous la présidence du professeur Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale, en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont Essowè Georges Barcola, ministre des Finances et du Budget, et Badanam Patoki, ministre de l’Économie et de la Veille stratégique.
Selon le président de l’Assemblée nationale, la procédure en cours « installe le pays dans le jeu normal du bicaméralisme égalitaire », tel que garanti par la nouvelle loi fondamentale. L’Assemblée nationale, première chambre saisie, est appelée à conduire un examen approfondi avant transmission du texte au Sénat pour une analyse dans les mêmes conditions, préalable à l’adoption définitive.
L’objectif affiché est d’améliorer la qualité du débat budgétaire, d’approfondir l’analyse des priorités nationales et de renforcer la transparence dans l’allocation des ressources publiques.
Malgré un environnement économique mondial jugé « incertain », marqué par la hausse des taux d’intérêt et le ralentissement des flux d’investissement internationaux, le gouvernement togolais table sur des perspectives favorables pour l’année 2026.
Les projections indiquent une croissance du PIB réel attendue à 6,5 % en 2026, contre 6,2 % en 2025. Les autorités maintiennent l’inflation sous la norme communautaire de l’UEMOA (3 %) pour 2025 et 2026, à rebours de la tendance observée dans plusieurs pays de la CEDEAO où les prix à la consommation ont fortement progressé. Enfin, il est prévu un déficit budgétaire stabilisé à 3 % du PIB conformément à l’objectif de convergence régionale, traduisant une gestion « disciplinée » des finances publiques.
Un budget 2026 en hausse de 14,4 %
Le projet de loi de finances pour 2026 est équilibré en ressources et en charges à 2 740,5 milliards de FCFA, soit une augmentation de 14,4 % par rapport à l’exercice précédent. Une progression qui reflète à la fois l’augmentation des besoins de financement et les efforts consentis en matière de mobilisation des recettes.
Le ministre des Finances a précisé que le projet repose sur trois piliers. D’abord, le renforcement de la mobilisation des ressources internes, notamment fiscales. Ensuite, la rationalisation des dépenses de fonctionnement, avec un objectif de réduction compris entre 20 % et 30 %. Enfin, la poursuite et l’achèvement des projets prioritaires inscrits dans la feuille de route gouvernementale.
Sur le plan des arbitrages sectoriels, plus de 48 % des dépenses publiques sont affectées aux secteurs sociaux (éducation, santé, agriculture, emploi des jeunes), auxquels s’ajoutent des investissements ciblés dans les infrastructures et la sécurité. Cette orientation traduit la volonté des autorités de concilier rigueur budgétaire et réponse aux besoins sociaux, dans un contexte marqué par les exigences de résilience économique et de stabilisation sociale.
Au-delà des agrégats macroéconomiques, l’examen du budget 2026 constitue un test pour la nouvelle architecture institutionnelle togolaise. Le président de l’Assemblée nationale a rappelé que la responsabilité du gouvernement et du Parlement est désormais partagée dans la conduite du processus budgétaire, avec pour impératif commun l’intérêt général.
Les travaux se poursuivront en commission avant leur transmission au Sénat. Leur issue est attendue comme l’un des indicateurs clés de la capacité du nouveau dispositif institutionnel à produire des politiques publiques plus inclusives et plus efficaces.
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