À l’issue de la 98ème session ordinaire de son Conseil d’Administration, la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) a validé une série de financements massifs. L’institution financière entend ainsi consolider le tissu industriel régional, soutenir les PME et sécuriser l’approvisionnement énergétique.
Le bras financier de la CEDEAO passe à la vitesse supérieure. Réuni le 16 juin dernier, le Conseil d’Administration de la BIDC a donné son feu vert à une enveloppe globale de 75 millions de dollars et 105 millions d’euros. Ces fonds, injectés sous forme de lignes de crédit et de participations syndiquées, ciblent des secteurs hautement stratégiques pour stabiliser et dynamiser les économies d’Afrique de l’Ouest.
En ouvrant les travaux, le Dr George Agyekum Donkor, président de la Banque et de son Conseil d’Administration, a rappelé la philosophie derrière ces arbitrages financiers.
« Ces interventions illustrent notre détermination à soutenir des initiatives structurantes qui renforcent les capacités productives, sécurisent l’approvisionnement énergétique et élargissent l’accès au financement pour les entreprises, en particulier les PME, véritables moteurs de la transformation économique de notre région. », a-t-il dit.
Les nouveaux engagements financiers de la BIDC
Le plan de déploiement de la BIDC combine le soutien aux institutions financières de premier plan et l’appui direct aux géants de l’énergie et de l’industrie locale. Quatre opérations majeures structurent cette nouvelle phase d’investissement.
La BIDC attribue une ligne de crédit majeure de 80 millions d’euros à Coris Holding SA. Le groupe bancaire panafricain, leader au sein de l’UEMOA, orientera cette facilité vers les petites et moyennes entreprises (PME), qui représentent plus de 70 % de son portefeuille de prêts. L’impact attendu porte sur la création de milliers d’emplois et le renforcement de l’inclusion financière.
Le volet énergétique capte une part substantielle des approbations. Au Sénégal, la SENELEC bénéficie d’une participation de 25 millions d’euros dans une facilité de Mourabaha (financement islamique) syndiquée avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC). Ces fonds garantiront l’approvisionnement en produits pétroliers raffinés pour la production d’électricité nationale.
Au Ghana, c’est la société Stratcon Energy and Trading Limited qui décroche une facilité de 50 millions de dollars. Ce crédit servira à l’importation et à la distribution de carburants raffinés, notamment dans le cadre d’un partenariat transfrontalier avec la mégaraffinerie Dangote au Nigeria.
Enfin, la Guinée muscle son appareil productif avec une enveloppe de 25 millions de dollars octroyée à Topaz Multi-Industries SA. Ce financement est spécifiquement fléché vers l’importation de matières premières industrielles. La finalité est d’accélérer la politique de substitution aux importations et de valoriser la fabrication locale.
Au-delà de l’impact sectoriel immédiat, ces quatre arbitrages marquent le coup d’envoi opérationnel de la nouvelle feuille de route de l’institution : la Stratégie GRO (Croissance, Résilience, Optimisation) pour la période 2026-2030.
Face à une conjoncture internationale volatile et aux défis climatiques qui pèsent sur les infrastructures, la BIDC fait le pari d’un ancrage régional fort. En s’appuyant sur des synergies locales — comme le corridor énergétique Ghana-Nigeria —, la banque entend démontrer que la résilience ouest-africaine passera d’abord par l’intégration de ses propres chaînes de valeur.
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