Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, députée de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), a justifié samedi sa décision de siéger à l’Assemblée nationale issue des élections législatives du 29 avril 2024, un scrutin que son parti continue pourtant de qualifier de profondément vicié. Devant des citoyens togolais, l’opposante a assumé ce qu’elle décrit comme un « choix difficile », effectué dans un contexte assez particulier.
Selon la secrétaire générale de la CDPA, la participation de la DMP au Parlement ne relève ni d’une reconnaissance du processus électoral ni d’une adhésion aux institutions mises en place. Elle s’inscrit plutôt, affirme-t-elle, dans une stratégie politique visant à empêcher que l’Assemblée nationale ne devienne un espace entièrement verrouillé par le pouvoir en place, réduit à une chambre d’enregistrement sans contradiction visible.
Etre un contrepoids à l’Assemblée nationale
La députée a rappelé que la DMP avait longuement pesé les risques d’une telle option, consciente que ce choix pouvait être perçu comme une forme de caution indirecte à un processus qu’elle juge frauduleux. Mais, selon elle, l’absence totale de l’opposition aurait davantage servi les intérêts du régime, en lui laissant le champ libre pour imposer, sans résistance institutionnelle, la Constitution de la 5e République.
Ce positionnement, explique Brigitte Adjamagbo-Johnson, s’est traduit par une présence parlementaire marquée par le refus systématique de toute initiative destinée à légitimer la nouvelle République. Boycotts ciblés, prises de position publiques et interpellations politiques ont ainsi constitué, selon elle, les principaux outils d’une opposition « de l’intérieur », assumée comme telle.
Reste que ce choix continue de susciter des interrogations au sein de l’opinion et même dans les rangs de l’opposition, tant l’efficacité de la contestation parlementaire apparaît limitée face à un exécutif peu enclin à répondre aux interpellations.
En revendiquant ce « choix difficile mais assumé », la députée pose néanmoins le débat sur les formes possibles de résistance politique dans un système institutionnel contesté.
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