La troisième Conférence des Nations unies sur les pays en développement sans littoral (PDSL) se tient à Awaza (Turkménistan). La Confédération des États du Sahel (AES) – regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger – participe à cette rencontre. A la tribune, l’organisation a accusé, mardi 5 août, certaines puissances régionales de vouloir « isoler » ses membres en restreignant leur droit d’accès à la mer.
Représentant la Confédération, le Premier ministre malien, général Abdoulaye Maïga, a dénoncé des « violations répétées du droit d’accès à la mer garanti par les conventions internationales », citant notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (Montego Bay, 1982) et la Convention de 1965 sur le commerce de transit des États sans littoral.
« Nous appelons à une condamnation explicite par les Nations unies de ces pratiques qui visent à isoler nos pays sur les plans logistique, économique et stratégique », a-t-il déclaré, évoquant des fermetures de corridors considérées comme des « pressions politiques ».
L’AES, qui couvre près de trois millions de km2 pour 75 millions d’habitants, fait valoir que l’absence de débouché maritime constitue un handicap structurel aggravé par des décisions unilatérales au cours des deux dernières années.
Des corridors restés ouverts pour l’AES
Trois pays côtiers – la Guinée, la Mauritanie et le Togo – sont explicitement cités comme ayant maintenu leurs voies de transit ouvertes « malgré des pressions extérieures ».
Cette position est saluée par l’AES, qui souhaite inscrire cette reconnaissance dans le cadre des discussions sur la mise en œuvre du Programme d’action de Vienne 2014-2024, dont le bilan constitue l’un des points forts de la conférence d’Awaza.
Dans un discours mêlant revendication et perspective économique, Abdoulaye Maïga a mis en avant la création prochaine d’une Banque confédérale pour l’investissement et le développement, attendue avant fin 2025. L’objectif visé est le financement des projets d’infrastructures, d’énergie et d’industrialisation pour réduire la dépendance logistique des trois pays.
Général Maïga a également insisté sur la transformation locale des matières premières afin de limiter l’impact des perturbations commerciales. Sur le volet sécuritaire, il a rappelé les opérations militaires en cours contre les groupes armés, accusant une nouvelle fois des « soutiens étatiques étrangers » aux insurgés sahéliens.
Réformer l’accès au financement
Sur le plan fiscal, la Confédération a exprimé son soutien à la négociation en cours d’une Convention-cadre des Nations unies sur la coopération en matière fiscale, considérée comme un levier pour limiter les fraudes des multinationales et accroître la mobilisation des ressources internes.
Elle demande enfin une révision des systèmes d’évaluation du risque pays, jugés « trop pénalisants » pour les États enclavés, freinant leur accès aux financements internationaux.
Tout au long de son intervention, l’AES s’est attachée à contrer l’image de crise chronique associée au Sahel, en mettant en avant une volonté politique de redressement et d’intégration régionale.
« Nous sommes ouverts à la coopération avec tous nos partenaires, mais dans le respect de notre souveraineté et de nos choix stratégiques », a conclu Abdoulaye Maïga.
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