Isaac Tchiakpe, le ministre du tourisme, de la Culture et des arts a rencontré lundi à Lomé les acteurs du secteur culturel togolais. La rencontre, organisée à la suite d’une plateforme de revendications portée par des organisations culturelles, a débouché sur la mise en place annoncée d’un cadre permanent de concertation.
Pendant plusieurs heures, les différentes parties ont passé en revue les revendications formulées par les professionnels du secteur. Le Fonds national de promotion culturelle, la rémunération pour copie privée, les droits d’auteur ainsi que la situation sociale des artistes ont notamment été au cœur des échanges.
Isaac Tchiakpe et ses services à pied d’œuvre
“Sur le Fonds national de promotion culturelle, les ressources prévues pour 2026 n’ont pas été consommées. Elles restent disponibles au niveau du trésor. Le principal préalable demeure toutefois la mise en place des organes nécessaires au fonctionnement du Fonds. Le processus de formalisation est en cours et, une fois le décret adopté, les acteurs culturels pourront accéder aux ressources prévues. En ce qui concerne la loi portant rémunération pour copie privée, le texte, en attente à l’Assemblée nationale depuis plusieurs années, va connaître une nouvelle étape lors de la prochaine rentrée parlementaire”, a indiqué Vignon Aziati, directeur de la promotion des arts et de la culture.
Sur la question de la collecte des droits d’auteur, le ministère a rassuré d’un travail en cours, notamment à sa numérisation afin de sécuriser le système de perception et d’élargir l’assiette des contributions. Une évolution qui, à terme, va permettre d’accroître les ressources disponibles pour une meilleure redistribution aux ayants droit.
Les difficultés rencontrées par certains artistes sur le plan sanitaire et social ont également été examinées.
On apprend que des démarches sont engagées avec le ministère de la Santé et de l’AMU (Assurance Maladie Universelle) afin de rechercher des solutions pour les artistes malades ou confrontés à des situations sociales difficiles. La question du financement de la protection sociale reste cependant complexe. Les artistes ne disposant pas nécessairement de revenus fixes ou réguliers, les discussions se poursuivent pour déterminer une base de prélèvement adaptée à leurs réalités professionnelles.
Pour éviter que les échanges ne restent sans suite, les participants ont convenu de la nécessité d’un mécanisme permanent de suivi. L’objectif est de permettre aux organisations culturelles de connaître régulièrement l’état d’avancement des différents dossiers. Pour M. Aziati, ce dispositif entend favoriser un dialogue continu et éviter les périodes de silence qui alimentent les frustrations.
Les organisations culturelles restent mobilisées
Du côté des organisations culturelles, l’accueil reste toutefois mesuré. Ariel Dassanou, coordonnateur en exercice du Conseil national des arts et de la culture, reconnaît les efforts du ministère, mais estime que les revendications n’ont pas encore obtenu de réponses suffisamment concrètes.
« Nous ne sommes pas complètement satisfaits. On aurait souhaité des échéances précises et des mesures immédiatement applicables. Le nouveau cadre technique doit néanmoins permettre de suivre les engagements pris et d’accompagner leur mise en œuvre », a-t-il déclaré.
Malgré la rencontre, les acteurs culturels annoncent le maintien de leur démarche. Ariel Dassanou a confirmé la tenue d’un rassemblement prévu le 12 octobre, présenté comme une action pacifique, apolitique et professionnelle.
“Les revendications doivent être portées au plus haut niveau de l’État. L’objectif est de faire davantage entendre les préoccupations d’un secteur qui estime attendre depuis plusieurs années des avancées concrètes, notamment sur les droits d’auteur”, a-t-il ajouté.
Le ministre Isaac Tchiakpe a réitéré sa disponibilité vis-à-vis des acteurs culturels.
Rejoignez notre chaîne WhatsApp pour ne rien rater !



















