La société civile togolaise veut se faire entendre avant le 4e Examen périodique universel (EPU) du Togo devant les Nations unies. vendredi, 26 juin à Lomé, plusieurs acteurs ont validé un rapport alternatif consacré à la situation des défenseurs des droits humains. Le document révèle qu’il existe encore un écart important entre les engagements pris par l’État et leur mise en œuvre effective sur le terrain.
Un rapport alternatif est un document élaboré par les organisations de la société civile afin de présenter une évaluation indépendante de la situation des droits humains, en complément du rapport officiel de l’État. Celui consacré au Togo a été préparé par une coalition d’organisations placée sous la supervision du Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT). Cette coalition est composée du CACIT, du Réseau Ouest-Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH), des Nouveaux Droits de l’Homme (NDH-Togo) et de l’ONG AC.DE.P.
Le document couvre la période 2022-2026. Son élaboration s’est appuyée sur une consultation nationale organisée du 14 au 16 avril 2026 à Lomé, qui a réuni une cinquantaine d’acteurs de la société civile et la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).
Une équipe technique a ensuite rédigé un premier projet sur la base des données recueillies, de recherches documentaires et d’entretiens avec des acteurs clés. Le rapport a été validé vendredi au cours d’un atelier organisé par le CACIT, en partenariat avec UPR Info et Brot für die Welt.
Une protection jugée insuffisante par la société civile
Le rapport relève qu’il existe encore un écart important entre les engagements pris par l’État et leur mise en œuvre effective sur le terrain. Les acteurs de la société civile estiment qu’il est temps d’offrir aux défenseurs des droits humains un cadre de protection conforme aux standards internationaux.
Selon le document, le Togo a accepté plusieurs recommandations lors du 3e cycle de l’EPU, notamment celles relatives à la protection des défenseurs des droits humains. Toutefois, les organisations de la société civile constatent qu’aucune loi spécifique n’a encore été adoptée pour reconnaître leur statut et organiser leur protection.
La société civile estime également que les ressources de la CNDH restent insuffisantes pour assurer pleinement son mandat de protection. Ils recommandent l’adoption, avant 2027, d’une loi conforme aux standards internationaux ainsi que la création d’un mécanisme national indépendant de protection.
Au-delà de la question juridique, le rapport met en évidence un rétrécissement de l’espace civique entre 2022 et 2026. Il évoque des restrictions aux libertés d’expression, d’association et de réunion, ainsi que des difficultés rencontrées par les défenseurs des droits humains dans l’exercice de leurs activités.
Le document cite également plusieurs affaires impliquant des journalistes, des artistes engagés et des activistes, tout en attirant l’attention sur la situation particulière des femmes défenseures des droits humains et des personnes engagées dans la défense des minorités sexuelles.
« Notre objectif est que ce rapport serve d’outil de dialogue avec les autorités et les mécanismes internationaux afin que les recommandations formulées puissent être effectivement mises en œuvre », a expliqué Rachel Molley.
La Coordinatrice du Programme régional Afrique au CACIT renseigne que ce rapport alternatif sera transmis au Comité des droits de l’homme qui a lieu d’ici le 17 juillet. Il constituera la contribution de la société civile togolaise au 4e cycle de l’Examen périodique universel du Togo.
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