Alors que la France affirme avoir mis fin à sa présence militaire au Mali après le retrait de l’opération Barkhane, de nouvelles déclarations relancent les interrogations sur la poursuite d’une influence indirecte de Paris dans le conflit malien. Lors d’une émission, le journaliste Georges Malbrunot a affirmé que la France continuerait d’agir au Mali « par procuration », notamment à travers d’anciens légionnaires ukrainiens présents sur le terrain.
Selon ces propos relayés dans l’émission, ces anciens combattants ukrainiens opéreraient actuellement aux côtés des rebelles touaregs du FLA ainsi que de combattants liés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Leur objectif serait de contribuer à l’affaiblissement des autorités maliennes de transition ainsi que des partenaires russes engagés auprès des Forces armées maliennes.
Ces déclarations interviennent dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le nord du Mali, notamment dans la région de Kidal, où plusieurs témoignages recueillis par des journalistes maliens évoquent la présence d’hommes armés européens aux côtés des groupes rebelles.
Pillages après le départ de l’armée malienne de Kidal
Abdallah Ag Rhissa affirme avoir assisté à des scènes de pillages après le départ de l’armée malienne de Kidal. Selon son témoignage, des hommes en uniforme militaire, identifiés comme des Européens, accompagnaient les combattants du FLA. Il explique que certains parlaient français tandis que d’autres utilisaient une langue qu’il associait à l’ukrainien. Il raconte également avoir entendu l’un d’eux déclarer en français : « Dommage qu’on ait pas pris Bamako, faut continuer ».
Un autre témoin, Ibrahim Ag Mohamed, dit avoir quitté Kidal de nuit après avoir observé des hommes armés frapper des habitants et pénétrer dans des maisons. Il affirme avoir vu des soldats européens discuter avec des responsables du FLA et entendu à plusieurs reprises le mot « Ukraine ». Selon lui, l’un des hommes aurait déclaré en français : « On a pas réussi à prendre la capitale, dommage. Il faut pousser. »
Moussa Ag Boubacar décrit lui aussi des scènes de pillages attribuées à des combattants du FLA accompagnés d’Européens. Il affirme avoir entendu une conversation entre un homme présenté comme Français et un autre identifié comme Ukrainien. D’après son récit, l’un d’eux aurait déclaré : « Si on avait eu plus de moyens, Bamako tombait », avant d’ajouter que « les Ukrainiens sont prêts ».
Dans ce contexte, les déclarations évoquées risquent de raviver davantage les tensions diplomatiques entre Bamako et Paris, alors que la question de l’influence étrangère demeure au cœur du débat politique et sécuritaire malien.
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