Au Togo, l’annonce d’une grève de la faim menée par treize détenus à la prison civile de Lomé provoque une vive émotion dans les milieux politiques et des droits humains. Kafui Brigitte Adjamagbo-Johnson affirme avoir appris la nouvelle avec indignation. La secrétaire générale de la CDPA évoque une crise de l’Etat de droit et interpelle le pouvoir.
Dans une déclaration publiée mardi sur ses comptes sociaux, l’opposante dénonce le maintien en détention de prisonniers politiques malgré des décisions de justice ordonnant leur libération. « Ces compatriotes ont entamé cette action extrême pour dénoncer leur maintien illégal en prison, malgré des décisions de justice ordonnant leur libération », affirme-t-elle.
Selon elle, la situation traduit une crise profonde de l’État de droit, car, souligne-t-elle, dans un État de droit, lorsqu’un juge ordonne une libération, aucune autorité ne devrait pouvoir s’asseoir sur cette décision.
Grève de la faim pour une libération effective
La députée à l’assemblée nationale togolaise rappelle avoir déjà saisi les autorités togolaises sur cette question. Le 22 avril 2026, elle avait adressé une question orale au garde des Sceaux et ministre de la Justice et des Droits humains afin d’obtenir des explications sur le cas de plusieurs détenus considérés comme politiques.
Dans ce document, elle évoquait notamment les cas de figures connues de l’opposition et de la société civile, parmi lesquelles la militante Essossimna Marguerite Gnakadé, le journaliste Jean-Paul Oumolou ou encore l’humoriste Akpoua Gros. Elle y dénonçait des détentions prolongées, des conditions de détention jugées préoccupantes et l’inexécution de certaines décisions judiciaires.
Mais plusieurs semaines après cette interpellation, aucune réponse officielle n’aurait été apportée par le gouvernement.
« Le silence du gouvernement face à la souffrance humaine devient insupportable », déplore la responsable politique. Avant d’ajouter : « Le silence face à une justice de plus en plus ignorée par ceux-là mêmes qui sont censés la faire respecter est profondément inquiétant. »
La grève de la faim engagée par les détenus suscite désormais des inquiétudes sur leur état de santé. Des organisations de défense des droits humains suivent l’évolution de la situation et appellent les autorités togolaises à privilégier une solution rapide afin d’éviter toute aggravation.
Dans sa déclaration, Kafui Adjamagbo-Johnson appelle à la libération immédiate des détenus concernés, conformément aux décisions rendues par les juridictions compétentes. De même, elle exige le respect strict des droits humains et des principes élémentaires de l’État de droit.
« Aucun Togolais ne devrait risquer sa vie pour obtenir simplement le respect de la loi et de ses droits fondamentaux », conclut-elle, estimant que « le peuple togolais regarde ».
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