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Togo : l’Union Européenne accusée d’ingérence

Didier ASSOGBA
3 Min Read

Prof Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères a convoqué vendredi l’ambassadeur résident de la Délégation de l’Union européenne (UE). Cette convocation fait suite à l’adoption d’une résolution du Parlement européen jugée « inacceptable » par les autorités togolaises.

Au cœur de la discorde, le cas d’Abdoul Aziz Goma, citoyen irlando-togolais emprisonné à Lomé depuis décembre 2018 et condamné à dix ans de réclusion criminelle. Dans son texte, le Parlement européen dénonce une « arrestation arbitraire », des « tortures », une « détention au secret » et des « conditions inhumaines » durant plus de six années de détention provisoire. Bruxelles réclame sa libération immédiate et sans conditions, l’annulation de sa condamnation et des garanties de sécurité pour l’intéressé.

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Pour le chef de la diplomatie togolaise, cette résolution constitue une ingérence dans un dossier relevant exclusivement de la souveraineté nationale. « La justice togolaise s’exerce en toute indépendance, conformément aux lois nationales et aux standards internationaux », a appris Togobreakingnews.

Un signal de fermeté contre l’Union européenne

Selon les détails, la convocation de l’ambassadeur de l’Union Européenne vise à obtenir des clarifications officielles sur le sens de cette initiative et à rappeler que le Togo n’entend pas se laisser dicter sa conduite en matière judiciaire.

Ce bras de fer intervient alors que le pays traverse une période de crispation politique, marquée par des mobilisations citoyennes et des critiques internationales sur l’état de droit. Pour Lomé, il s’agit aussi d’envoyer un message de fermeté, en affirmant que la coopération avec ses partenaires ne peut se faire au prix de ce qu’elle considère comme des atteintes à sa souveraineté.

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L’Union européenne n’a pas encore réagi officiellement à cette convocation. Mais dans les coulisses, certains diplomates plaident pour éviter une escalade, alors que l’UE reste l’un des principaux bailleurs de fonds du Togo, notamment dans les secteurs de la gouvernance et de la justice.

Cette affaire pourrait peser sur le dialogue politique entre Lomé et Bruxelles, alors que de nouveaux programmes d’appui budgétaire et de coopération technique doivent être négociés d’ici la fin de l’année.

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