La 10e édition de « Woman Night » s’est tenue vendredi dernier à Lomé. Cette conférence est organisée par la fondation Agir ensemble pour l’Afrique (AEA) dans le cadre de la célébration de la journée internationale des droits des femmes. Elle a réuni des personnalités pour discuter des droits et de la justice en faveur des jeunes filles et des femmes.
Le thème retenu cette année « État des lieux en termes de droits, justice et actions à l’endroit des jeunes filles et des femmes d’aujourd’hui ». Les échanges ont réuni six panélistes venus de différents pays de l’Afrique. Plusieurs problématiques majeures ont rythmé les échanges.
Les panélistes se sont d’abord interrogés sur le niveau réel de connaissance des droits des femmes par les populations et sur la capacité des femmes à s’en approprier concrètement. Amina Achour, chargée d’affaires à l’ambassade du Maroc a souligné une disparité dans la connaissance des droits selon le milieu socioculturel. « Cela dépend du milieu socioculturel dans lequel elles évoluent. Au niveau des femmes lettrées, elles connaissent leurs droits. Mais dans les milieux reculés, il n’y a pas la connaissance des droits et de l’égalité. » affirme t-elle.
Pour sa part, la juge Odette Donga N’zonou a insisté sur l’importance de la sensibilisation en langues locales. Elle a illustré son propos par l’exemple de femmes ignorant encore qu’elles peuvent transmettre la nationalité à leurs enfants au même titre que les hommes. Selon elle, l’éducation reste le principal levier pour briser ces barrières.
Hafou Touré, experte en investissement, a martelé que la connaissance des droits des femmes doit s’accompagner de la capacité de les appliquer. Pour elle, « connaître ces droits est bien beau, mais il faut aussi les appliquer». « On ne vit pas d’amour et d’eau fraîche » a-t-elle rappelé, invitant les femmes à multiplier leurs sources de revenus pour garantir leur autonomie. Elle a encouragé l’assistance à briser les plafonds de verre et à investir pour contrer l’inflation.
Ensuite, le panel a identifié les problèmes sociaux qui freinent l’épanouissement féminin. Les obligations domestiques et les contraintes horaires empêchent souvent les femmes de participer à des réseaux de networking, pourtant essentiels pour tisser des liens professionnels solides.
Docteur Marie Pounawele Sondo, enseignante-chercheure à l’Université de Lomé, a salué les progrès législatifs du Togo. Elle rappelle les dispositions du code national qui consacrent une stricte égalité entre les sexes. « La contribution non financière des femmes est prise en compte dans le le Code des personnes et de la famille (révisé en 2012 et 2014) et le Code foncier », a-t-elle souligné.
Woman night et les recommandations
Cependant, des efforts restent à fournir, notamment sur la durée des congés de maternité. En comparant le système togolais à celui de l’Allemagne ou de la Côte d’Ivoire, le docteur Sondo a estimé que le pays a encore du chemin à parcourir pour mieux accompagner les mères travailleuses.
La conférence de la 10e édition de Woman Night s’est achevée sur des recommandations fortes. Les intervenantes, dont la coach Samira Raissouni, ont appelé à un changement profond des mentalités dès l’enfance. Présente lors des échanges, Mme Anaté Professeure à l’Université de Lomé, a rappelé l’existence de dispositifs de protection mis en place par l’État, tels que les numéros verts 1014 pour dénoncer les viols et 8250 pour le harcèlement en milieu scolaire.
L’événement a été marqué par la présence de figures feminines comme Pierrette Adams, Miss Togo 2026, Olivia Yacé ainsi que l’artiste nigériane Yemi Alade.
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