Au Togo, les menaces visant le journaliste Roger Amemavoh provoquent une vive inquiétude, après la diffusion d’un reportage consacré à un conflit foncier et à la détresse de femmes à Latékopé. Le journaliste affirme être la cible d’intimidations et de menaces quasi quotidiennes, dénonçant publiquement un « probable danger imminent ». Dans un communiqué, le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) condamne fermement ces agissements et alerte les autorités ainsi que l’opinion nationale et internationale.
Dans une déclaration rendue publique, le journaliste dit vivre « sous pression ». Il évoque des messages d’alerte reçus ces derniers jours, faisant état d’un « probable danger imminent ». L’un de ces messages, transmis par une connaissance, mentionnerait que « des individus le recherchent » en lien avec la réalisation de sa vidéo, et ferait référence à « de hautes personnalités ».
Roger Amemavoh affirme avoir reçu énormément d’avertissements similaires sous forme d’appels et de textos. Tout en reconnaissant « la dangerosité » du dossier, il rejette toute idée de recul.
« J’ai fait mon travail. Je me bats pour une cause noble, la vérité et la justice », déclare-t-il. Le journaliste insiste sur la portée citoyenne de son enquête et martèle que ce qui se passe à Latékopé concerne tous les Togolais.
Malgré les propositions d’aide pour quitter le pays, Roger Amemavoh indique avoir décliné toute option d’exil. Il affirme vouloir poursuivre son combat contre « l’injustice », remerciant au passage les soutiens reçus, notamment après une récente émission en direct où son cas a été évoqué par le journaliste Ferdinand Aïté.
Le SYNJIT dénonce les menaces contre Roger Amemavoh
Face à ces déclarations, le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) a publié un communiqué exprimant sa « vive inquiétude ». L’organisation affirme avoir recueilli le témoignage du journaliste et condamne « avec la plus grande fermeté » les intimidations et menaces de mort dénoncées.
« Bien que le Togo se présente comme une démocratie jouissant d’une presse diversifiée, nous observons malheureusement, depuis quelques années, une escalade insidieuse des atteintes à la liberté d’informer », écrit le SYNJIT.
L’organisation dénonce la multiplication des tentatives de bâillonnement visant les journalistes et rappelle que la liberté de la presse est un pilier fondamental de l’État de droit. Le SYNJIT exprime sa « totale solidarité » avec Roger Amemavoh et prend à témoin les autorités sécuritaires, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), ainsi que l’opinion nationale et internationale.
Cette affaire relance le débat sur la sécurité des journalistes au Togo et sur les conditions d’exercice du métier, notamment lorsqu’il s’agit de sujets sensibles comme les conflits fonciers, souvent sources de fortes tensions sociales et politiques.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités n’a été rendue publique concernant les menaces évoquées par le journaliste.
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